AMP : un incubateur high tech pour sélectionner les embryons

Publié le 25 Mar, 2011

Depuis février 2011, le centre d’assistance médicale à la procréation (AMP) du CHU de Nantes est équipé d’un "Embryoscope", un appareil d’incubation haute technologie destiné à observer et surveiller les embryons humains issus de fécondation in vitro (FIV), aux tout premiers stades de leur développement.

Développé par la société danoise Unisense Fertilitech, cet appareil "alliant robotisation, informatique et imagerie" permet de suivre en continu le développement d’un embryon au moyen d’un microscope sans le retirer de l’incubateur. "Au lieu d’ouvrir la porte d’un incubateur classique, de sortir l’embryon pour l’observer ensuite sous la loupe d’un microscope, cet équipement réunit toutes les conditions nécessaires à sa culture […] et garantit un environnement stable, sans ces manipulations qui peuvent être sources de stress" explique le Dr. Miguel Jean, chef du service de biologie de la reproduction du centre d’AMP du CHU de Nantes.  L’objectif, affirme-t-il, est d’améliorer les chances de grossesse pour les couples infertiles recourant à l’AMP : il s’agit de repérer "le bon candidat, l’embryon dont on estime qu’il réunit les qualités nécessaires pour s’installer dans l’utérus". Moins les embryons sont dérangés, "mieux ils vont se porter" ajoute le Dr. Thomas Fréour, biologiste dans ce centre d’AMP, qui précise que cet appareil est "réservé aux embryons les plus fragiles". "L’objectif n’est pas forcément d’augmenter de façon extraordinaire les taux de grossesse mais d’aboutir à supprimer la nécessité de transférer deux embryons pour obtenir une grossesse", ce qui permettrait une diminution des grossesses gémellaires, plus risquées.

Les embryons conçus par FIV sont habituellement observés à trois reprises au microscope. L’Embryoscope "donne la possibilité d’avoir accès à 5000 vues". "Chaque embryon est photographié sous tous les angles toutes les 15 minutes, soit 10 photos par embryon toutes les 15 minutes, qui peuvent être consultées une par une ou sous forme de vidéo". L’appareil,  peut recevoir les embryons de 6 couples à la fois, à raison d’1 à plus de 10 embryons par couple précise le Dr. Fréour.

Le centre d’AMP du CHU de Nantes est le premier en France à expérimenter cette machine prêtée par Unisense Fertilitech. 45 centres l’expérimentent actuellement en Europe et aux Etats-Unis dans le cadre d’une étude collaborative coordonnée par l’université d’Arrhus au Danemark. Le but de l’étude est "d’alimenter le système en permanence pour en améliorer les compétences. Chaque utilisateur va étiqueter chaque embryon, informer le système de quel embryon a été transféré et de l’issue du transfert [en terme de grossesse]". L’Embryoscope a déjà été utilisé pour 30 à 40 couples en France. Les spécialistes du CHU de Nantes espèrent trouver 100 000 euros avant l’été afin de pouvoir le garder.

Ouest-france.fr (Magali Grandet) 24/03/11 – Hopital.fr 24/03/11 – Romandie News 24/03/11

Partager cet article

Synthèses de presse

Gene-drive : l’Uruguay veut rendre stériles des mouches
/ Génome

Gene-drive : l’Uruguay veut rendre stériles des mouches

En Uruguay, des chercheurs ont mis au point une technique de « gene-drive » pour éradiquer des vers dévastateurs ...
Projet « All of Us » : plus de 275 millions de nouvelles variations génétiques identifiées
/ Génome

Projet « All of Us » : plus de 275 millions de nouvelles variations génétiques identifiées

Une analyse des données génomiques de près de 250 000 personnes a permis d'identifier « plus de 275 millions de ...
Risque de suicide : au-delà de la dysphorie de genre, prendre en compte les antécédents psychiatriques
/ Genre

Risque de suicide : au-delà de la dysphorie de genre, prendre en compte les antécédents psychiatriques

Selon une étude, la dysphorie de genre ne semble pas être un facteur prédictif de la mortalité par suicide lorsque ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres