Allemagne : division sur le DPI

Publié le 18 Nov, 2010

Le 15 novembre 2010, après un long débat, le parti chrétien-démocrate allemand (CDU) s’est prononcé pour l’interdiction du diagnostic préimplantatoire (DPI) avec 51% des voix (Cf. Synthèse de presse du 17/11/10). La chancelière Angela Merkel s’est prononcée pour cette interdiction et Herman Gröhe, secrétaire général de la CDU a invité les députés à voter dans ce sens.

Question politique sensible en Allemagne, le DPI est revenu sur le devant de la scène en juillet 2010 après un jugement de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe qui indiquait, à la demande de médecins, que la loi de protection de l’embryon n’inclut pas une interdiction explicite du DPI.

Le DPI consiste dans l’examen génétique de l’embryon avant implantation ; il suppose un tri entre des embryons sains et des embryons atteints de maladies génétiques. Herman Gröhe a rappelé devant les députés que le DPI "est incompatible avec le caractère sacré de la vie". Le débat a donné lieu à des avis opposés : Volker Kauder, chef du groupe parlementaire démocrate-chrétien au Bundestag considère que légaliser le DPI était "ouvrir une porte sur l’inconnu" et "l’expérimentation sur le vivant", et inciter à la "sélection", sujet qui demeure très sensible en Allemagne. Les partisans du DPI affirment vouloir uniquement prévenir l’éventuelle transmission de maladies génétiques graves dans des familles à risque. C’est ce qu’a soutenu Ursula von der Leyen, ancienne ministre de la famille, aujourd’hui ministre du travail. Peter Hintze, député du CDU et théologien protestant, très écouté sur la question, se prononce également pour le DPI. Il affirme qu’il est illogique d’autoriser l’avortement en cas de malformation ou maladie du bébé tout en prohibant le DPI. A contrario, Annette Schavan, ministre de l’enseignement et théologienne catholique, a décidé de rassembler les partisans de l’interdiction du DPI au-delà des membres de la CDU. Des députés libéraux du FDP ont aussi formé un groupe de parlementaires qui présenteront une proposition de loi encadrant la pratique du DPI pour les couples concernés, estimés entre 150 à 200 chaque année. La Conférence des évêques allemands a salué le vote de la CDU.

Les différents partis du Bundestag sont partagés sur le DPI. Pour clarifier cette question sensible, une loi devra encore être votée à l’Assemblée. La CDU laisse les députés libres de se décider "en conscience" pour ce prochain vote au Bundestag.

La Croix (Michel Verrier) 18/11/10

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