A propos du diagnostic prénatal…

Publié le 27 Déc, 2005

Le quotidien Le Monde accorde une interview au Dr Daffos, spécialiste du diagnostic prénatal. Celui-ci revient notamment sur le rappel à la loi infligé à trois médecins à la suite d’une IMG contestée (cf revue de presse du14/12/05). Il soutient que cette action est "une tentative d’intimidation manifestement faite par des anti-avortements"

et reconnaît que "beaucoup d’IMG sont faites sur de fortes probabilités".

Le Dr Daffos rappelle que "si depuis vingt ans, il n’y avait pas eu 11% d"amniocentèses, le nombre d’enfants trisomiques aurait augmenté". Il affirme que ce taux est plus bas que ceux que l’on trouve en Suède (30%) ou en Italie (de 20 à 30%).  Et de conclure : "il ne faut pas diminuer [le DPN] , sinon nous assisterons à une réaugmentation du nombre d’enfants trisomiques".

A propos des fausses couches provoquées par les amniocentèses, il considère que parler d’un taux de 1% est "inacceptable". Il préfère le chiffre de 2 fausses couches pour 1 000 amniocentèses et juge que "la vraie question de fond à poser est : quel est pour la femme, le risque le moins acceptable, le moins supportable ?".

Enfin, il estime qu’il faut "adapter les chiffres à la réalité". Quand une femme est enceinte et qu’elle fait le test des marqueurs sériques qui montre un risque augmenté, elle se trouve alors "précipitée dans ce qu’elle ne voulait pas entendre". Pour lui, l’amniocentèse est le seul moyen d’apaiser les craintes de la femme : "les amniocentèses pour dormir la nuit, cela existe" affirme-t-il. Alors que certains s’opposent à ce type de raisonnement, il conclut qu’il faut "arrêter d’avoir un discours strictement médical sur le diagnostic prénatal. L’impact d’un enfant handicapé dans une famille est phénoménal, notamment sur le plan psychologique. C’est un virage dans une existence".

NDLR : Les personnes trisomiques et leurs familles apprécieront ces propos à leur juste valeur… Cet article a "le triste mérite" de rappeler la réalité : les personnes trisomiques 21 sont les premières victimes des pratiques eugénistes. Ne parle-t-on pas officiellement de "taux d’échappement" pour signifier les enfants qui ont échappé au DPN ? Aujourd’hui en France, on ne cherche pas à supprimer la trisomie 21 mais les personnes trisomiques. Heureusement, certains médecins et certains chercheurs se battent pour soigner ces patients. Rappelons que la Fondation Jérôme Lejeune finance chaque année plus de 100 programmes de recherche dans le monde et accueille 3000 patients en consultation médicale à l’Institut Jérôme Lejeune.

Le Monde (Sandrine Blanchard) 27/12/05

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