A propos des auditions sur la fin de vie

Publié le 12 Juin, 2008

Le magazine La Vie revient sur les auditions menées par la mission d’évaluation de la loi sur la fin de vie mise en place après la mort de Chantal Sébire (cf. Synthèse de presse du 4 avril 2008). Depuis le 16 avril, quatre députés auditionnent chaque semaine des spécialistes de la fin de vie afin de répondre à la question suivante : la loi votée en 2005 qui affirme le droit des patients à refuser l’acharnement thérapeutique est-elle suffisante ou bien faut-il la changer ?

Plusieurs familles ont déjà témoigné sur la fin de vie de l’un de leurs proches qui avait demandé le retrait de la sonde qui l’alimentait. Si pour la famille Pierra, la fin de vie de leur fils a été particulièrement douloureuse (cf. Synthèse de presse du 09/05/2008), il n’en est pas de même pour Chantal. Cette femme explique que son mari de 39 ans a décidé, lui-même, du moment du retrait de la sonde qui l’alimentait et qu’il "est mort en neuf jours sans souffrir".

Le Dr Régis Aubry qui, lui aussi, a été auditionné, témoigne : "l’équipe qui suivait Hervé Pierra ne connaissait rien aux pratiques de soins palliatifs. Elle a tout arrêté et s’en est allée. Alors qu’il y avait des moyens cliniques pour arrêter les convulsions. Arrêter les soins, cela ne veut pas dire ne pas accompagner."

Marie de Hennezel, psychologue, a, elle aussi, été auditionnée. Elle plaide pour un observatoire sur la fin de vie, constitué d’experts qui pourraient au cas par cas, évaluer les demandes d’euthanasie et aider les équipes à trouver des solutions compatibles avec la loi : "la demande d’en finir peut être un appel, et pas nécessairement une demande de mort", explique-t-elle."La mise en place d’un comité d’experts pose plus de questions qu’elle n’en résout. Qui en ferait partie ? Quelle légitimité aurait-il pour donner le droit de vie et de mort ? Et si les experts ne sont pas d’accord entre eux ?", s’interroge Jean Leonetti.

Les conclusions de ces auditions seront rendues à l’automne

Pour certains médecins, arrêter l’alimentation est une démarche euthanasique car l’alimentation assistée ne cherche pas à "traiter" une pathologie, mais répond à un besoin de base de l’organisme. Le professeur Puybasset, anesthésiste-réanimateur  à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière explique ainsi : "les équipes qui s’occupent de personnes dans le coma depuis plusieurs années sont très attachées à leurs malades. Il est normal qu’elles ne comprennent pas pourquoi, un jour, elles doivent débrancher les appareils. Celles qui ne veulent pas accomplir ce geste, vont, à terme, demander à bénéficier d’une clause de conscience. Et ce sera une brèche dans laquelle s’engouffreront les partisans de l’euthanasie".

La Vie (Claire Legros) 12/06/08

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