6 000 IMG en France par an

Publié le 16 Nov, 2006

L‘Agence de la biomédecine a publié son premier état des lieux sur la pratique de l’interruption médicale de grossesse (IMG) en France entre 2002 et 2004.

En 2004, près de 6 000 IMG ont été pratiquées dans les différents centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPD-PH). Une moyenne de 136 IMG ont été pratiquées par centre, avec des écarts allant de 16 à 438 IMG. Selon la loi du 29 juillet 1994, une IMG peut être pratiquée lorsque la grossesse met gravement en danger la vie de la mère ou lorsqu’il existe "une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité, reconnue comme incurable au moment du diagnostic".

43,5 % des IMG se font après un diagnostic de malformations fœtales,  33,8% après un diagnostic d’une anomalie chromosomique, 12,3 % pour d’autres indications fœtales, 5,8 % pour des pathologies génétiques et 0,8 % pour des infections. Dans 3,8 % des cas, l’Agence de la biomédecine n’a pas l’indication précise pour laquelle l’IMG a été réalisée. Des examens spécialisés pour vérifier et analyser la pathologie du fœtus sont pratiqués plus d’une fois sur deux.

Le nombre d’IMG ne semble pas augmenter et demeure globalement stable, commente François Thépot, adjoint au directeur médical et scientifique de l’Agence de la biomédecine.

La première anomalie chromosomique dépistée est la trisomie 21 : 1508 cas dépistés en 2002, 1323 en 2003 et 1781 en 2004. Le dosage des marqueurs sériques, test sanguin pour détecter une éventuelle trisomie 21 sur le fœtus, est proposée à toutes les femmes enceintes. En 2004, 630 000 femmes ont eu recours à ce dosage des marqueurs sériques, pour 750 000 naissances. A partir des résultats d’analyse, 36 000 amniocentèses ont été pratiquées. L’Agence de  la biomédecine ne fournit aucune indication sur le nombre de naissances d’enfants trisomiques 21. Selon des sources non officielles, la France serait l’un des pays où il naît le moins d’enfants trisomiques. Pour les pouvoirs publics et les autorisés sanitaires c’est "une preuve de l’efficacité du système national de dépistage prénatal" de la trisomie 21.

Entre 2002 et 2004, entre 90 000 et 100 000 fœtus ont été, chaque année, examinés dans le cadre du diagnostic prénatal.  L’échographie est l’examen principal qui conduit à pratiquer une IMG, avant l’amniocentèse. En 1980, 2 800 amniocentèses étaient pratiquées par an, près de 92 000 en 2004.

Pour les auteurs de ce premier état des lieux, il faut maintenant "réfléchir à la manière de rendre le diagnostic prénatal plus efficace et plus sûr et nous devrons nous donner les moyens de procéder à une évaluation de ces activités".

NDLR : Comment ne pas s’inquiéter de cette volonté de dépistage "efficace" qui ne laissera aucune place à la personne trisomique 21 dans notre société, ni aucun espoir à la recherche ? Quand la société s’intéressera-t-elle enfin aux recherches scientifiques thérapeutiques en faveur de ces patients ?

Le Monde (Jean-Yves Nau) 16/11/06 – La Croix (Pascal Charrier) 16/11/06

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