« 1 000 premiers jours » : le gouvernement prend les parents par la main

Publié le 4 Nov, 2021

« De la grossesse à 2 ans, les 1000 premiers jours sont une période extraordinaire et déterminante. »[1] Santé Publique France et le Ministère des Solidarités et de la Santé ont lancé hier une campagne « d’information à destination du grand public et notamment des futurs et jeunes parents ». Spots vidéo, visuels, site internet et application. Tous les outils de la communication sont mis en branle.

La caution scientifique ?

Le communiqué de presse de Santé Publique France explique que « le site met à disposition des informations fondées scientifiquement ». « Site de référence, il fournit une information fiable parmi la multiplicité de sources d’informations parfois contradictoires. » Au diable les conseils de sa mère, l’expérience de ses amies, le gouvernement promeut le « fact checking »[2]. La démarche se veut objective, scientifique.

« Nous devons collectivement faire mieux, pour nos enfants, pour nos familles, pour notre société. La science nous y invite, en nous indiquant le caractère fondamental des 1000 premiers jours, affirme Adrien Taquet, Secrétaire d’État auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, chargé de l’Enfance et des Familles. Notre responsabilité aujourd’hui est de tirer les enseignements de cet apport fondamental. ». Mais de quels enseignements parle-t-on ?

Des parents infantilisés ?

« Un environnement sain et sûr, une alimentation adaptée, des relations affectives stables et sécurisantes », Santé Publique France explique proposer « des conseils faciles à comprendre et à mettre en place ».

Bien sûr l’arrivée d’un enfant au sein d’un foyer peut être une expérience déstabilisante. « Les femmes nous disent qu’elles se sentent seules pendant leur maternité », soulignait Adrien Taquet pendant la conférence des familles[3]. Mais les parents ont-ils vraiment besoin qu’on leur explique qu’il est préférable de manger bio[4] ou d’aérer quand on fait le ménage[5] ? (cf. Bébé box : souriez, vous êtes parents !)

Avant les secours de la science, c’est sans doute d’attention, d’accompagnement dont les parents, quand ils sont démunis, ont essentiellement besoin. Un accompagnement qui n’est pas oublié. Adrien Taquet avait déclaré le 28 septembre dernier « qu’un “entretien systématique autour de la cinquième semaine après l’accouchement” sera également instauré début 2022 pour repérer les dépressions post-partum, qui toucheraient entre 15 et 30% des mères »[6].

Et l’essentiel ?

A la rubrique « Découvrir son enfant, Le lien d’attachement parents-enfant », le site internet rappelle que : « Bébé a besoin de se sentir aimé et en sécurité pour se développer au mieux »[7]. Mais s’empresse d’ajouter : « On parle souvent du lien mère-enfant mais tout ne repose pas sur la mère “biologique“. Cet attachement sécurisant fort se crée aussi avec d’autres adultes quand ils s’occupent quotidiennement de lui : le co-parent, le père, les parents adoptifs, mais aussi les beaux-parents ou une tante ».

Ce que la campagne des 1000 premiers jours ne dit pas, c’est que l’enfant a d’abord besoin de son père et de sa mère. Un lien qui se tisse dès la vie in utero. Et c’est bien ce cadre structurant, fondé sur l’altérité, qui pourra « permettre aux enfants d’atteindre leur plein potentiel de développement jusqu’à l’âge adulte »…

 

[1] https://www.1000-premiers-jours.fr/fr

[2] La vérification des faits.

[3] Le Figaro, La campagne sur les «1000 premiers jours» de l’enfant veut aider les parents sans les sermonner, Agnès Leclair (02/11/2021)

[4] https://www.1000-premiers-jours.fr/fr/substances-chimiques-et-habitudes-de-consommation

[5] https://www.1000-premiers-jours.fr/fr/espace-menage#groupe_2

[6] Huffington Post, “1000 premiers jours”: Cette campagne montre que “devenir parent, c’est aussi se poser des questions” (03/11/2021)

[7] https://www.1000-premiers-jours.fr/fr/le-lien-dattachement-parents-enfant

 

Photo : skalekar1992 de Pixabay

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