Vincent Lambert : Ses parents seront-ils autorisés à lui prodiguer les soins dont sa vie dépend ?

Publié le : 5 juin 2015

Ce matin, la CEDH a validé la décision du Conseil d’Etat, prise le 24 juin 2014, de suspendre l’alimentation et l’hydratation artificielles dont dépend la vie de Vincent Lambert.

 

Une tribune[1], publiée dans le Figaro et co-signée, notamment, par Erick Germain (Doyen honoraire de la faculté de droit de Lorraine), Jean-Marie Le Méné (Président de la fondation Jérôme Lejeune), et Xavier Ducrocq (Neurologue au CHU de Nancy), soulève « la question qui se pose » désormais, à savoir : « A quel degré de rigueur la décision sera appliquée  » ?

 

« Si l’hôpital cesse les soins d’alimentation et d’hydratation, sera-t-il fait interdiction à toute autre personne, et en particulier à ses parents, de prodiguer de tels soins » ? 

 

« Les proches peuvent mettre en place de tels soins de base, ou par la sonde actuellement employée, ou même par l’indigestion en très petites quantités d’une nourriture aisée à déglutir », rappellent les co-signataires.

 

La mère de Vincent Lambert propose de prendre en charge l’alimentation et l’hydratation de son fils en attendant son placement dans une unité spécialisée dans l’accueil de malades en état de conscience minimale, comme celle du docteur Jeanblanc.

 

« Beaucoup de partisans de l’euthanasie de Vincent considèrent que la vie dans cet état doit-être pour lui-même une cause de souffrances physiques et morales insupportables. Mais ni l’observation et les examens spécialisés de Vincent, ni les imageries cérébrales ne permettent de le supposer et encore moins de l’affirmer », précisent les co-signataires. « Si Vincent ne souffre pas, pourquoi ne pas accéder à la requête de ses parents qui veulent s’occuper de lui ? »

 

Ils insistent sur l’importance qu’il y a à reconnaître, et à assumer, la radicalité de l’opinion qui voudrait que l’on « laisse partir » Vincent Lambert : opinion qui sous tend qu’ « une vie aussi loin des standards peut ou doit être abrégée ».

 

Le jugement de la CEDH, et la manière dont il sera appliqué, est d’une ampleur d’autant plus grande que « si la vie en état de conscience minimale plus est jugée comme ne devant pas se poursuivre, alors il faut cesser d’alimenter les 1700 anonymes qui sont dans le même état que Vincent Lambert ».

 

Note Gènéthique

Pour en savoir plus: Synthèse Gènéthique du 5 juin 2015: Vincent Lambert : La décision de la CEDH pourrait n’être qu’une étape.

 

[1] Co-signée par :

Anne-Marie Morgand, mère de Philippe en état de conscience minimale

Charles Beigbeder, entrepreneur et homme politique

Dominique Lapierre, écrivain

Erick Germain, Doyen honoraire de la faculté de droit de Lorraine

Jean-Marie Andrès, président des Associations Familiales Catholiques

Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune

Josette Bury, présidente AFTC Lorraine (Association de Familles de Traumatisés Crâniens)

Julie Graziani, porte-parole d’Ensemble Pour le Bien Commun

Thibaud Collin, philosophe

Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita

Xavier Ducrocq, neurologue en CHU (Nancy)

 

<p>Le Figaro (04/06/2015)</p>

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