Vers le retour des avortements à distance ?

Publié le : 5 novembre 2020

Olivier Véran a déclaré avoir saisi pour avis la Haute Autorité de santé et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, le 23 septembre, « avant de généraliser la prise en charge par téléconsultation pour un avortement médicamenteux, possible jusqu’à sept semaines de grossesse ». Une mesure qui avait été instaurée pendant le confinement du printemps 2020. Pendant cette période, les trois rendez-vous liés à l’avortement médicamenteux, pour un examen médical, la prise des produits abortifs et le contrôle post-avortement, ont été « assuré[s] à distance » par téléconsultation (cf. Extension du délai pour l’IVG médicamenteuse : Le Conseil d’Etat saisi, valide, Fin de l’état d’urgence sanitaire : il n’y aura plus de télé-IVG). Par ailleurs les pharmaciens de ville ont été autorisés à délivrer les produits abortifs. Un dispositif qui doit « être prochainement reconduit par arrêté dans le cadre du reconfinement ».

Mais ce projet soulève de nombreuses questions. En plus du « risque de solitude accrue pour les femmes » (cf. IVG médicamenteuse : le tabou de la douleur et des effets secondaires), la distance ne permet pas de « repérer certaines fragilités ». Ainsi, les avortements à répétition d’une femme peuvent « cacher une situation de violences conjugales ».

Par ailleurs, selon le rapport parlementaire publié sur le sujet, la forte augmentation du nombre d’avortements médicamenteux observée récemment « pourrait en partie s’expliquer par l’intérêt financier qu’y trouvent les établissements de santé » (cf. Où en est la France en matière d’avortement ?). Ils représentent aujourd’hui 70 % du total des avortements pratiqués.

Source : La Croix, Emmanuelle Lucas (05/11/2020)

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres