Végétaux génétiquement modifiés avec CRISPR, des OGM ?

Publié le 26 Avr, 2016

Appelé pour la première fois à se prononcer sur un végétal génétiquement modifié par CRISPR, le département américain de l’agriculture (USDA) a jugé que son administration « n’avait pas le pouvoir d’encadrer la culture d’un champignon de Paris génétiquement modifié par CRISPR ». Il a déclaré n’avoir « aucune base juridique pour imposer à la culture un examen par la FDA »[1]. Cette « décision équivaut à un feu vert pour l’utilisation de la nouvelle variété ». Toutefois la FDA peut encore décider de s’autosaisir du sujet.

 

Yinong Yang, physiopathologiste à l’Université d’Etat de Pennsylvanie a modifié génétiquement un champignon de paris « pour augmenter sa durée de vie et donc sa date limite de consommation ». Pour cela, il a ôté du génome du champignon six gènes « responsables de la couleur brune qui se propage à la surface d’un fruit ou d’un légume coupé ».

 

Selon l’USDA, ce champignon n’est pas un organisme génétiquement modifié (OGM), car « il n’y a pas eu d’ajout de virus ou de bactérie étrangère au génome de la plante par transgenèse ». « Seuls six gènes ont été soustraits » avec CRISPR.

 

L’administration américaine s’interroge cependant « sur la nécessité de modifier sa règlementation ».  L’Académie américaine des sciences mène une réflexion globale sur CRISPR. C’est aussi une question que se posent tous les pays développés, qui y apportent des réponses diverses. L’Union européenne « doit produire un avis détaillé qu’opposants et partisans des OGM attendent depuis des mois ». En France, le « sujet a provoqué un conflit au sein du Haut Conseil des Biotechnologies » (cf. Les « plantes du futur » font polémique au Haut Conseil des biotechnologies ). Les enjeux sont importants : « Si les nouvelles techniques d’hybridation étaient in fine considérées comme n’étant pas des modifications génétiques, elles échapperaient à la règlementation actuelle d’étiquetage et d’information des consommateurs sur les produits contenant des OGM ».

 

 

[1] Food and Drug Administration.

 

Sciences & Avenir (26/04/2016)

Partager cet article

Synthèses de presse

PMA : « Un tunnel sans respiration ni échappatoire »
/ PMA-GPA

PMA : « Un tunnel sans respiration ni échappatoire »

Vivant cela comme une épreuve, de nombreuses femmes mettent fin à leur parcours de PMA sans avoir eu d’enfant ...
Etats-Unis : un distributeur de contraception d’urgence dans une université
/ IVG-IMG

Etats-Unis : un distributeur de contraception d’urgence dans une université

L’université George Washington de Washington DC a installé un distributeur automatique de contraception d’urgence ...
PMA : plus de 500 Japonaises ont eu recours à des donneurs de sperme étrangers
/ PMA-GPA

PMA : plus de 500 Japonaises ont eu recours à des donneurs de sperme étrangers

Depuis mars 2019, plus de 500 Japonaises ont eu recours à la banque de sperme Cryos International basée au Danemark ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres