Une médecine de fin de vie

Publié le 30 Jan, 2004

Officiel à l’Académie pontificale pour la vie depuis le 1er janvier 2003, docteur en médecine et en théologie, monseigneur Jacques Suaudeau répond aux questions du journal "L’Homme nouveau."
A qui s’adressent les soins palliatifs ?
Ils concernent les personnes atteintes de maladie incurable au pronostic fatal à brève échéance, mais la limite entre ce qui peut être traité et ce qui ne le peut pas change constamment.
Quels progrès représentent ces soins pour les malades ?
L’introduction des soins palliatifs en France est à saluer comme une excellente initiative, bien sûr, où ces centres sont fidèles à la formule donnée par Cecily Sauders, et disposent d’un personnel spécifiquement formé pour cette tâche. Le risque est de se satisfaire de la création d’un certain nombre de lits "soins palliatifs", sans que l’approche médicale correspondante suive.
La multiplication des centres de soins palliatif constitue-t-elle une réponse suffisante?
L’accompagnement des mourants doit être l’affaire de tous. Si les questions de "demande d’euthanasie" semblent s’être multipliées ces temps derniers, ne serait-ce pas parceque les malades en fin de vie, les personnes âgées, les handicapés graves sont souvent abandonnés par leur famille? Il faut favoriser le développement d’un bénévolat consacré aux soins des personnes en fin de vie ; il faut aussi favoriser le maintien à domicile, en famille, de ces grands malades.
N’existe-t-il pas un risque de dérive ?
Je retiens les réflexions du professeur Lucien Israël, qui a accompagné durant près de 40 ans, ces malades atteints de cancer sans penser à sélectionner son service en deux parties et à créer une aile réservée aux "cas sans espoir".
Il faut que la médecine et les médecins retrouvent leur rôle d’accompagnateurs de leurs malades.

Le Royaume-Uni
reste le pays de référence en matière de soins palliatifs. Il y a environ près de 3 000 lits a disposition des soins palliatifs. Il existe également toute une organisation permettant de traiter plus de
200000 personnes à domicile.
En Allemagne : il y avait 624 lits en 1997
Au Danemark :
Moins de 10 établissements rassemblant une centaine de lits
En Belgique : un arrêté royal de 1996 prévoit le financement de 360 lits de soins palliatifs.
La France, l’Espagne, l’Italie et la Suisse en sont encore au stade expérimental.

L’Homme Nouveau (Agnès Jauréguibéhère) 30/01/04

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