Une indienne dénonce la  »biopiraterie »

Publié le : 23 avril 2002

Lors de la Conférence de l’ONU sur la biodiversité qui s’est déroulée du 8 au 19 avril dernier à la Haye, Leonor Zalabata Torres, une indienne Arhuaco de quarante six ans est venu dénoncer « ce qui est la pire forme de pillage génétique, le vol du sang, du sang de mon ethnie« . 

En 1997, des médecins de l’université de Bogota sont venus expliquer à cette ethnie qu’elle souffrait de manière anormale de tuberculose et de diabète. Ils ont alors mis en place des consultations gratuites avec distribution de médicaments et une prise de sang « pour des analyses complémentaires ».

 

Or très rapidement, les membres de l’ethnie se sont aperçus que les fioles de sang étaient passées de l’université de Bogota à un institut de santé de Washington. Il semblerait en effet que les chercheurs aient réussi à identifier dans ce sang un gène utile pour la production de nouveaux médicaments. »Ni l’université de Bogota, ni le gouvernement colombien n’ont démenti la possibilité que notre sang serve à des fins commerciales, à breveter une cellule » (…) c’est du vol, ce n’est pas de l’éthique » dénonce Leonor Zalabata.

 

C’est donc sous couvert  de recherches plus approfondies sur la tuberculose et le diabète queces laboratoires ont détourné des échantillons de sang à des fins génétiques et dans la perspective d’une future brevetabilité. 

Ce type d’histoire est bien connu des spécialistes de la biopiraterie qui y voient un motif supplémentaire pour obtenir des bioprospecteurs des contrats clairs et transparents.

<p>Libération (Vittorio de Filippis) 22/04/02</p>

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