Un débat national agité autour des nanotechnologies

Publié le : 5 février 2010

Depuis le lancement des débats publics sur ces technologies de l’infiniment petit, le 15 octobre 2009 à Strasbourg, les militants du groupe grenoblois Pièces et main d’oeuvre (PMO) avaient manifesté leur désaccord total aux nanotechnologies, considérant le débat faussé d’avance. Parce que pour eux « participer, c’est accepter« , les membres de PMO ont perturbé la plupart des réunions organisées en France pour débattre des nanotechnologies, au point que certaines, initialement prévues les 9 et 16 février 2010, ont récemment été annulées à Montpellier et à Nantes. Ces opposants considèrent que la Commission nationale de débat public (CNDP) n’est « ni indépendante, ni neutre, ni une instance de débat » mais une « officine vouée à l’acceptabilité des nanotechnologies » qui vise à éviter « une révolte d’opinion contre une technologie imposée« . Ils critiquent  » ‘l’approche technicienne’ qui ne s’interroge jamais sur le bien fondé de telle ou telle technologie nouvelle« . Ils ne s’inquiètent pas seulement du développement de « nouvelles nano-particules, fussent-elles toxiques » mais aussi du danger de « l’avènement d’une société de surveillance et de contrainte » que favoriseraient les nanotechnologies.

 

En constante évolution, les nanotechnologies tendent à « envahir tous les champs de la vie quotidienne, y compris les domaines de la biologie et de la médecine, avec une infinité de questions à la clé. Ce ‘nanomonde’ mystérieux inquiète« . La peur est que ces technologies soient développées sans contrôle et « sans évaluation suffisante des potentiels dangers, des effets à long terme de ces minuscules éléments, de leur possible combinaison avec des processus biologiques ». Ceux qui s’y opposent  » redoutent qu’impossibles à détecter, ils soient utilisés pour des usages peu compatibles avec les libertés publiques. Ils craignent une fuite en avant irréversible, motivée par l’intérêt économique« . Si le question est bel et bien complexe, l’on peut regretter que le débat ait été ainsi perturbé. C’était pourtant « l’occasion pour les scientifiques, pour les industriels d’expliquer leurs projets, pour les opposants de formuler leur désaccord et pour les observateurs de nourrir leur réflexion« . Pourquoi en effet « déplorer l’opacité des décisions scientifiques, politiques et industrielles et ne pas saisir toutes les chances de les éclairer » ?

Interrogé par le journal Ouest France, Jean-Pierre Chaussade, membre de la CNDP sur les nanotechnologies, affirme que malgré l’agitation et les violences verbales des opposants lors de la tenue des débats, les organisateurs ont « affronté les choses calmement » et que tous les sujets souhaités ont pu au final être abordés. Le bilan de ces réunions est selon lui « tout à fait intéressant » et « la Commission veut maintenant conduire le débat à son terme. D’ici sa clôture le 23 février, nous approfondirons le thème ‘éthique et gouvernance’. […]  La société civile nous a dit : ‘on veut être là lorsqu’on parle de développement, utilisation ou recherche sur les nanotechnologies. On veut être partie prenante’. Mais aujourd’hui sur tous ces points, il n’y a rien qui existe. Il n’y a pas de schéma cohérent« . Ce débat était essentiel afin de « définir les conditions de développement, d’encadrement, et de contrôle des nanotechnologies, au plan français et même européen » estime Jean-Pierre Chaussade. Il reviendra au gouvernement de dire la suite qu’il veut donner aux divers points abordés lors du débat public.

<p>Ouest France.fr (Serge Poirot, Jean-Pierre Chaussade, propos recueillis par François Vercelletto) 05/02/10 - La Croix (Dominique Quinio) 05/02/10 - Le Figaro.fr (Thomas Vampouille) 12/02/10</p>

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres