[Tribune] Claude Lanzmann sur la proposition de loi Claeys-Leonetti

Publié le : 13 avril 2015

Claude Lanzmann, écrivain et cinéaste producteur de cinéma français, a été interrogé par le Figaro sur la proportion de loi sur la fin de vie, débattue en première lecture à l’Assemblée nationale et qui doit être présentée au Sénat avant l’été.

 

Pour lui, vouloir légiférer sur la fin de vie est « une histoire de nantis », « depuis le commencement du monde, les hommes meurent, et cela sans loi ». Il n’estime pas possible d’ériger des lois dans ce domaine.

 

Interrogé sur la sédation profonde et terminale, il répond qu’il s’agit d’une « hypocrisie sans nom » car c’est bien « une forme d’euthanasie ». L’expression « mourir dans la dignité » est pour lui une référence religieuse car « le respectable souhait de ‘laisser partir en paix’ un être est une histoire de croyants qui pensent que l’au-delà ouvre la porte du paradis ». « Moi je ne suis pas croyant. Comme je l’ai dit dans une tribune au magazine Le Point (cf. Synthèse Gènéthique du 31 décembre 2014), ‘les humains ont le droit de préférer la souffrance au néant’, ce que je revendique pour moi-même. »

 

Sur les directives anticipées opposables, loin de les voir comme une liberté octroyée au patient en fin de vie, Claude Lanzmann y voit une contrainte. « On piétine totalement la liberté des personnes en les emprisonnant dans des sortes de testaments notariaux. C’est une inclusion totale dans notre vie. Est-ce là une mesure qui vise à s’approprier sa mort ou au contraire allons-nous vers l’homme socialisé dans tous ses instants, depuis le berceau jusqu’à la tombe ? »

 

En conclusion, cette proposition de loi reflète la « tendance générale »  des dirigeants politiques, qui est, selon Claude Lanzmann, de « changer la condition humaine ». Ici, en niant la mort.

 

<p>Le Figaro (Marie-Laetitia Bonavita) 10/04/2015</p>

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