Terri Schiavo : morte de faim et de soif ?

Publié le : 1 avril 2005

Terri Schiavo est morte jeudi 31 mars. Cette femme de 41 ans était décrite par certains comme étant dans un état végétatif depuis 1990, suite à un accident cardio-cérébral. Le 18 mars dernier, sa sonde d’alimentation avait été débranchée à la demande de son mari qui avait fait valoir devant la justice qu’elle n’aurait pas voulu d’une telle vie.

 

Etat végétatif ?

 

Le mari de Terri Schiavo, désigné comme son tuteur, a « refait sa vie » aux côtés d’une autre femme. Depuis des années, les parents de Terri Schiavo s’opposaient à son époux, assurant que leur fille « répondait » et attendait une rémission. A deux reprises en 2001 et 2003, les tubes d’alimentation de Terri avaient été débranchés. Les parents et le mari s’étaient alors livrés une vraie bataille judicaire, qui a repris le 18 mars dernier et atteint son apogée les dernières semaines avant sa mort. L’affaire privée est devenue une affaire d’Etat avec le vote par le congrès américain d’une loi spéciale pour que le cas de Terri soit reconsidéré par la Cour fédérale et l’intervention de George Bush « en faveur de la vie ». Les juges ont pourtant refusé que Terri soit de nouveau alimentée.

 

A l’annonce de sa mort, le président George Bush a déclaré : « J’encourage tous ceux qui honorent Terri Schiavo à continuer à bâtir une culture de la vie. L’essence de la civilisation est que le fort a le devoir de protéger le faible. Lorsqu’il y a un doute sérieux, la présomption devrait aller en faveur de la vie« .

 

La Fédération Internationale des Associations de Médecins Catholiques (FIAMC) a demandé aux autorités américaines d’intervenir pour sauver la vie de Terri Schindler-Schiavo, condamnée à mourir par manque d’alimentation et par déshydratation si la justice en décidait ainsi.

 

La Fédération a condamné le fait que la décision de vie ou de mort d’une personne se fasse d’après une évaluation subjective de sa seule qualité de vie. La FIAMC a rappelé que Mme Schiavo, qui réagissait à certaines stimulations extérieures, n’était pas dans un état végétatif.

 

Des soins dus

 

Pour la Fédération, laisser mourir cette femme par manque d’alimentation et déshydratation constituait une perversion de la médecine, une source de discrimination entre les hommes et une atteinte à la dignité de l’homme.

 

Le Pr Gian Luigi Gigli, président de la FIAMC, a rappelé qu’un « patient dans un état végétatif, est une personne humaine ». Il a dénoncé l’assimilation de l’alimentation et de l’hydratation à une thérapie agressive. Il a rappelé que dans un état végétatif (il conteste le terme estimant qu’il ne prend pas en compte la dimension humaine du patient),  le malade continue à percevoir faiblement la douleur puisqu’il a été montré qu’il réagissait aux stimuli.

 

Une preuve indirecte est qu’après l’arrêt des soins d’alimentation et d’hydratation, les malades reçoivent un sédatif jusqu’à ce que la mort survienne. La mort de Terri Schindler-Schiavo découle d’une décision sans précédent aux Etats-Unis, qui ouvre la porte à l’euthanasie. Elle a relancé en France le débat autour de l’euthanasie et l’arrêt des soins et traitements.

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