Suicide assisté, euthanasie : état des lieux en Europe

Publié le : 13 juillet 2010

Le suicide assisté continue de susciter des débats dans de nombreux pays. Récemment, la Société Royale de Médecine britannique a tenu une conférence où furent exposés des points de vue opposés. Un vote organisé à la fin de la conférence a montré qu’une grande majorité de personnes étaient contre le suicide assisté. Le 25 juin 2010 en Allemagne, la Cour fédérale de justice a statué que dans certaines circonstances, le suicide assisté était légal (Cf. Synthèse de presse du 28/06/10). Cette décision faisait suite au cas d’une femme qui avait interrompu l’alimentation de sa mère dans le coma, cette dernière ayant manifesté sa volonté de ne pas être maintenue en vie si elle devait tomber dans le coma. L’avocat de cette femme lui avait conseillé de mettre fin à l’alimentation. La Cour fédérale allemande a tranché la question en considérant que, si un patient a informé ses proches qu’il ne souhaite pas qu’on prolonge son traitement (comme une sonde d’alimentation), l’arrêt du traitement est alors autorisé. Mais le suicide assisté dit "actif" reste illégal. 

Dans les pays où l’euthanasie est légale, certains craignent des abus. En Suisse, le groupe Dignitas est de plus en plus surveillé. Le gouvernement suisse examine des projets de loi pour encadrer davantage la pratique de l’euthanasie et pour dissuader des étrangers de venir mettre fin à leur vie en Suisse. Fondé par Ludwig Minelli, Dignitas a fait mourir plus de 1000 personnes durant les douze dernières années. Les membres doivent payer des honoraires importants pour appartenir au groupe ainsi que des sommes conséquentes pour leur suicide assisté. Selon les lois suisses actuelles, ce procédé est légal tant que Ludwig Minelli et Dignitas ne bénéficient pas eux-mêmes de cet argent. Mais la BBC rapporte que selon certaines allégations, L. Minelli est devenu millionnaire depuis qu’il a fondé ce groupe. Si Dignitas est actuellement minutieusement observé, c’est aussi à cause de la découverte d’un grand nombre d’urnes d’incinération au fond du lac de Zurich. Selon le London Times du 28 avril dernier, Soraya Werli, une ancienne employée de Dignitas, a affirmé qu’au moins 300 urnes avaient été jetées dans le lac.

La Hollande, qui a légalisé l’euthanasie depuis longtemps, s’interroge aussi. Les cas d’euthanasie augmentent progressivement dans le pays : on compte une hausse de 13% en 2009. Selon Phyllis Bowman de l’association britannique "Droit à la vie", cette augmentation est due à un traitement inadéquat de la douleur par les médecins hollandais. Le nombre d’euthanasies croîtra encore si le Parlement cède à la pression exercée par certains groupes pour autoriser le suicide assisté pour les personnes âgées. Marie-Jose Grotenhuis, porte-parole de la campagne "Libre arbitre" explique qu’il s’agit de permettre à des personnes autres que des docteurs d’administrer une dose létale aux personnes de plus de 70 ans qui considèrent "leurs vies complètes" et veulent mourir. 

En Belgique, un récent rapport sur le "rôle des infirmières dans les morts assistées" a montré qu’un cinquième des infirmières interviewées ont déjà été impliquées dans l’euthanasie d’un patient. Près de la moitié de celles-ci ont reconnu que les patients n’avaient pas demandé ou consenti à l’euthanasie. Pour le docteur Peter Saunders, directeur de Care Not Killing alliance, "une fois qu’on a légalisé une forme d’euthanasie, il y a inévitablement des gens qui repoussent toujours plus les limites".

Le Parlement écossais débat actuellement sur une proposition de loi pour autoriser l’euthanasie. Une enquête montre que 86% de personnes seraient opposées à ce projet de loi. L’Eglise d’Ecosse, l’Eglise méthodiste et l’Armée du Salut ont publié une déclaration commune affirmant que ce projet de loi brise l’interdit de tuer une vie humaine. Selon le Dr Rosemary Barrett du Conseil écossais de bioéthique humaine, "les services de soins palliatifs en Ecosse sont capables de traiter adéquatement la douleur et il n’est pas nécessaire de présenter aux gens l’euthanasie comme un moyen d’échapper à une douleur sévère".

Parlant comme "humaniste radical" et athée, Brendan O’Neill, éditeur du site Internet Spiked, affirme que la façon dont le suicide assisté paraît être une cause progressiste est un mystère. C’est lié sans aucun doute  à "l’incapacité actuelle de la société d’estimer et de célébrer la vie humaine".

Zenit (John Flynn) 11/07/10

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