“Social freezing” : jusqu’où ira la volonté de retarder son horloge biologique ?

Publié le 9 Oct, 2014

Le site d’information belge levif.be s’intéresse à une nouvelle technique présentée par son équipe de concepteurs comme une “alternative à la congélation des ovocytes pour contrer les effets de l’infertilité liée à l’âge“. Mais l’annonce soulève de nombreuses interrogations en Belgique : “congeler ses ovocytes pour ‘retarder son horloge biologique’ [ne serait-il pas] un caprice de féministe ?“.

 

L’UZ Jette, l’hôpital universitaire de Bruxelles, vient en effet d’annoncer la mise au point une nouvelle technique, le “social freezing“, appelé aussi “AGE banking” pour “anticipated gamete exhaustion“. Le procédé, bien qu’il soit encore au stade expérimental en Belgique et aux Etats-Unis, consiste à “ponctionner par laparoscopie une petite partie ou la totalité de l’ovaire d’une patiente atteinte d’un cancer afin de le congeler pour le réimplanter par la suite“. Il est présenté comme une alternative à a congélation des ovocytes car “plus rapide” que la précédente technique, précise le Dr Dominic Stoop, gynécologue de l’UZ Jette. Surtout, l’objectif affiché est, à terme, d’étendre le social freezing à toutes les femmes qui en feront la demande. 

 

Interrogé pour avis, le comité consultatif belge est très partagé. En effet, si une partie du Comité voit ce procédé comme “un droit à part entière de la femme autonome lui permettant de décider de sa fertilité indépendamment de toute pression sociales“, une autre le voit comme “la médicalisation excessive d’un processus naturel ou l’utilisation de la médecine en vue de résoudre un problème social, qui pourrait être résolu par d’autres moyens” comme des campagne de sensibilisation encourageant à des grossesses moins tardives ou encore une réflexion sur la volonté de maîtriser à tout prix son corps quand un apprentissage des limites fixées par la nature apparaît plus sain.

 

Tout en concédant qu’à “40 ans, la grossesse sera bel et bien un plus grand stress pour la mère“, le Dr Dominic Stoop conclut : “l’avantage que l’on peut en tirer est que les risques de trisomie 21 seront réduits“…

Levif.be (Caroline Lalleland) 08/10/2014

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