Réparer l’ADN pour préserver la fertilité ?

Publié le : 2 juin 2020

Une étude, menée par l’Institut de découverte de la biomédecine de Monash (BDI) en Australie et publiée dans la revue médicale PNAS, a mis en évidence le rôle de la réparation de l’ADN dans la préservation de la qualité des ovocytes. C’est un espoir pour les femmes dont les ovocytes peuvent avoir été endommagés lors de traitements de radiothérapie et de chimiothérapie.

 

L’étude, menée sur des souris, révèle que lorsque la voie de la mort cellulaire est inhibée dans les ovocytes, ces derniers sont capables de réparer les dommages graves de l’ADN, suffisamment pour produire une progéniture saine. Chez des souris femelles déficientes en TAp63, exposées un régulateur clé de la mort cellulaire dans les ovocytes à diverses doses d’irradiation gamma, les auteurs ont observé que les dommages de l’ADN étaient rapidement réparés ; la qualité des ovocytes et la fertilité des femelles étant maintenue.

 

Parmi les nombreux types de dommages à l’ADN, les cassures double-brin (DSB) sont les plus nocives et favorisent les réarrangements et les mutations chromosomiques et peuvent  conduire à une instabilité génétique. « Nous avons identifié la voie de réparation de l’ADN que les ovocytes utilisent pour réparer les DSB et confirmé que la réparation est efficace et précise pour prévenir les mutations dans la descendance générée par ces ovules » a expliqué Karla Hutt, Professeur associé à l’université de Monash.

 

Les taux de survie à de nombreux cancers courants dépassent aujourd’hui 80 %. Dans le monde, les survivantes du cancer seraient 14 millions. Autant de femmes concernées par des approches innovantes de protection des ovaires contre les dommages causés par les traitements anticancéreux.

 

En outre, en Australie, 20 % des femmes ont leur premier enfant après 35 ans, âge auquel la fertilité chute et où les taux de fausses couches et de malformations congénitales augmentent. La perte de la qualité des ovocytes pourrait être causée par une diminution de la capacité de réparation de l’ADN.

 

Aussi, pour le professeur Jessica Stringer qui a dirigé l’étude, il s’agit d’une étape importante « vers le développement d’une stratégie de préservation de la fertilité réellement efficace pour les femmes atteintes de cancer. Elle peut aussi avoir des implications importantes pour la prolongation de la durée de vie fertile des femmes ».

<p>News-Medical, James Ives, M.Psych (22/05/2020)</p>

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