Pour un congé d’accompagnement sur la fin de vie

Publié le 9 Fév, 2009

Dans Liberté Politique, Pierre-Olivier Arduin, responsable de la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon, revient sur la proposition du député Jean Leonetti de mettre en place un congé d’accompagnement de fin de vie (cf. Synthèse de presse du 29/01/09). Cette proposition de loi devrait être défendue le 17 février prochain à l’Assemblée.

Selon une enquête nationale baptisée MAHO (mort à l’hôpital) du docteur Edouard Ferrand, les trois quarts des malades sont seuls au moment de leur mort. Par ailleurs, 75% des patients décèderaient dans des établissements hospitaliers au sens large, alors que plus de 80% souhaiteraient mourir chez eux. Pierre-Olivier Arduin en conclut "qu’aujourd’hui la mort est gérée par l’Etat, la famille ayant déserté largement le temps qui la précède".

Pour Jean Leonetti, rémunérer des périodes d’accompagnement d’un proche en fin de vie pourrait donc avoir un impact symbolique déterminant pour changer nos mentalités. "Redonner un statut à celui qui va mourir et encourager celles ou ceux qui voudraient l’accompagner jusqu’à la fin est un moyen très concret de lutter contre le déni contemporain de la mort", explique Pierre-Olivier Arduin. Le docteur régis Aubry, président du Comité national de suivi du développement des soins palliatifs et de l’accompagnement, explique lui que "le non-financement du congé d’accompagnement de la fin de vie peut matérialiser une forme de dénégation sociétale de la mort".

Jean Leonetti envisage que ce congé puisse s’exercer grâce à un certificat du médecin traitant attestant de la fin de vie du malade. Il concernerait exclusivement l’accompagnement à domicile. Il serait d’une durée de 15 jours, à prendre en plein temps ou d’un mois à mi-temps, et inclurait les ascendants, les descendants et les personnes vivant au domicile du malade.

Actuellement, dans la plupart des cas, les personnes désirant assister leur proche demandent à leur médecin de leur prescrire des arrêts maladie.

Certains experts estiment qu’il devrait y avoir  20 000 demandes par an de congé de fin de vie. Mais, pour le docteur Aubry, une chose est sûre : accepter ce temps essentiel en le finançant témoigne d’un choix culturel qui honore les responsables politiques. C’est le choix de la sollicitude humaine envers les plus fragiles qui permet ni plus ni moins à une société de demeurer humaine et de témoigner du "sens qu’elle accorde à la vie".

libertepolitique.com 06/02/09

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