Polémique autour de la publication du « Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux »

Publié le : 14 septembre 2012

Dans un ouvrage publié jeudi 13 septembre, Bernard Debré, chirurgien et député UMP, et Philippe Even, pneumologue et ancien doyen de la faculté de médecine de Paris, "s’attaquent aux inefficacités du système pharmaceutique français".
Après le scandal du Mediator, les deux auteurs "s’étaient vu confier par l’ancien président Nicolas Sarkozy, une mission à la suite de l’affaire […] et lui avaient remis en mars 2011 un rapport au vitriol sur la réforme du système du médicament". Par cet ouvrage, le Pr Even "lance un nouvelle charge contre l’industrie pharmaceutique, qu’il qualifie de ‘la plus lucrative, la plus cynique, la moins éthique de toutes les industries".
Réagissant à la publication de cet ouvrage, "le Leem, la fédération professionnelle des industries du médicament, a pour sa part déploré mercredi [13 septembre] des ‘amalgames et approximations’ qui ‘contribuent à alarmer inutilement les malades et risquent de les conduire à arrêter de leur propre chef des traitements pourtant adaptés aux maladies dont ils souffrent".
Dans leur ouvrage, les auteurs recensent, après avoir consulté un grand nombre de publications, "50% de médicaments inutiles, 20% de mal-tolérés, 5% de ‘potentiellement très dangereux’ ". Ainsi, à titre d’exemple, "le Pr Even s’en prend aux statines, médicaments contre le cholestérol, ‘avalés par 3 à 5 millions de français’ et qui coûtent ‘à la France 2 milliards d’euros par an’ ". De même, les auteurs "épinglent […] les pilules de 3ème et 4ème génération dont la plus grande efficacité n’est pas ‘démontrée’ et qui comportent des risques accrus".

Pour Jean-François Bergmann, vice-président de la commission d’autorisation de la mise sur le marché à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et chef du service de médecine interne à l’hôpital Lariboisière, "il y a dans ce livre beaucoup de choses vraies, mais aussi des choses fausses" ajoutant qu’il est "vrai qu’il y a beaucoup de médicaments redondants, que la politique du générique n’est pas claire et que le prix de certains médicaments est disproportionné par rapport à leur efficacité". Enfin, il "partage le sentiment qu’un effort doit être fait par les autorités pour mettre à disposition des médecins une information indépendante sur les médicaments, quasi inexistante en France". En effet, "actuellement, [précise-t-il] les praticiens de ville sont essentiellement informés par les visiteurs médicaux payés par les laboratoires".

En 2001 déjà, "le pharmacologue Jean-Paul Giroud, auteur avec le Dr Charles Hagège d’un guide évaluant 10 000 produits – remboursables ou non – jugeait […] que 45% des médicaments étaient inutiles ou insuffisants".

Le Figaro (Pauline Fréour) 14/09/12 – sante.lefigaro.fr 13/09/12 – tempsreel.nouvelobs.com 12/09/12 – tempsreel.nouvelobs.com 13/09/12 – AFP 13/09/12 - Le Quotidien du Médecin (Henri de Saint Roman) 13/09/12

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