Plan LGBT+ du Gouvernement : la représentation nationale est-elle inutile ?

Publié le 16 Oct, 2020

Le 14 octobre, Élisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, a présenté « le Plan national d’actions pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2020-2023 ». Un plan « conçu pour durer 3 ans » et reposant « sur 4 axes qui embrassent tous les domaines de la vie : l’école, la santé, le travail, le sport, etc. » : « la reconnaissance des droits des personnes LGBT+, le renforcement de leur accès aux droits, la lutte contre la haine anti-LGBT+, l’amélioration de la vie quotidienne des personnes LGBT+ ».

Parmi les « 42 actions et plus de 150 mesures concrètes », on remarquera la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes et aux femmes célibataires. Bien que la loi relative à la bioéthique qui prévoit cette disposition n’ait pas encore passé le stade de la 2e lecture par le Sénat, la ministre se dit « certaine que le texte sera adopté ». « Il s’agissait d’un engagement du Président de la République et la promesse sera tenue », assure la ministre. Le vote du Parlement serait-il superflu ?

Autre mesure : « l’accès concret au droit à l’adoption ». « Pour atteindre cet objectif, nous travaillerons avec les conseils de famille des Départements pour faire en sorte que le droit à l’adoption soit bien ouvert à toutes et à tous » déclare Elisabeth Moreno. Mais en matière d’adoption peut-il être question de droit, hormis celui de l’enfant à accueillir ?

Quand le Plan n’oublie pas les enfants, c’est pour les « sensibilis[er] (…) [aux] LGBTphobies ». Pour la ministre, « l’école doit participer à déconstruire les stéréotypes (…) et permettre à chacun de s’affranchir du rôle ou de l’image que la société pourrait lui assigner en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre » (cf. Les parents face au « gender pour tous »). Et pour atteindre ce but, il s’agira de « donner aux enseignantes et aux enseignants les armes pour combattre l’homophobie et la transphobie et permettre la bonne inclusion des élèves LGBT+ » (cf. Gender : un enseignement qui nie le principe de neutralité).

« La mise en œuvre de ces 42 actions nécessitera le concours de l’ensemble de services de l’État mais également des collectivités locales, des associations ainsi que du secteur privé » annonce le ministère. « Dès mars 2021 et tous les six mois, un comité de suivi se réunira pour veiller à leur bonne application en lien avec les associations LGBT+. » Le gouvernement affirme ses priorités.

Photo : iStock

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