Plaidoyer pour étendre les indications du DPI

Publié le 3 Jan, 2017

Le député Jean-Yves Le Déaut et le professeur René Frydman signent une tribune dans le Monde pour expliquer la proposition de loi déposée en novembre dernier (cf. Une proposition de loi pour aggraver le tri embryonnaire) : ils veulent « détecter plus précocement d’éventuelles anomalies chromosomiques ou métaboliques », soit « permettre l’analyse génétique de l’embryon avant le transfert utérin ».

 

Ils estiment qu’il y a « paradoxe et incohérence » dans la loi française qui autorise « l’analyse du risque chromosomique du fœtus pour les femmes enceintes qui le souhaitent après quelques semaines de grossesse dans le cadre du dépistage anténatal » mais interdit « ce même examen par prélèvement d’une cellule de l’embryon avant qu’il soit transféré dans l’utérus ». Leur proposition consiste à élargir « les conditions du diagnostic préimplantatoire au diagnostic d’un risque d’une particulière gravité du développement embryonnaire chez les patients à risque ». Les conséquences prévues par les auteurs de cette modification législative seraient : « réduire le délai nécessaire pour obtenir une naissance viable, abaisser l’incidence des fausses couches, réduire le nombre de grossesses multiples, diminuer le nombre de transferts d’embryons non viables, éviter la congélation d’embryons anormaux, donc limiter les embryons surnuméraires, diagnostiquer des patients n’ayant aucune chance de réussite lors d’une PMA, en vue de leur conseiller d’arrêter des tentatives inutiles, éviter des prises en charge coûteuses pour la Sécurité sociale ».

 

Enfin, les auteurs jugent qu’une telle modification pourrait être discutée en dehors du cadre de la loi de bioéthique puisque « la pratique concernée est déjà proposée à toutes les femmes enceintes dès la fin du premier trimestre de gestation ». Ils soutiennent que « cette avancée législative serait la première pierre d’une proposition d’assouplissement des règles de l’encadrement de la reproduction sexuée qui a été demandé par de nombreux médecins biologistes de la reproduction » (cf. PMA : Les revendications des 130 médecins et biologistes « montrent la ruine de la réflexion éthique »).

Le Monde (2/01/2016)

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