Pharmaciens : « Une clause de conscience s’impose »

Publié le 3 Août, 2016

Claire de La Hougue, Docteur en droit et avocate, revient dans une tribune sur la « polémique inattendue » qui a surgi en juillet au sujet de la possible introduction d’une clause de conscience pour les pharmaciens (cf. Clause de conscience des pharmaciens : « l’affaire prend une dimension politique et idéologique », Clause de conscience des pharmaciens : sous la pression, l’Ordre renonce à « une consultation transparente et ouverte », Clause de conscience des pharmaciens : « le sujet est toujours sur la table »).

 

« En principe explique-t-elle, l’objection de conscience ne devrait pas avoir de raison d’être revendiquée dans le domaine médical ou pharmaceutique : le but des professions de santé est de soigner et nul médecin ni pharmacien ne peut, en conscience, refuser de soigner un malade ».

 

Mais le champ d’activité des professions de santé a évolué : il couvre aujourd’hui des « activités non thérapeutiques comme la chirurgie esthétique, la contraception, la stérilisation, l’avortement et peut-être bientôt l’euthanasie ». De plus, si la méthode chirurgicale d’avortement était la seule existante en 1975, ne concernant pas le pharmacien, aujourd’hui la méthode médicamenteuse est largement répandue, et implique directement la profession.

 

Les pharmaciens sont donc « victimes d’une discrimination » : comme les médecins, ils font serment d’exercer leur profession avec conscience et indépendance, et comme les médecins, ils peuvent être amenés à participer directement à un avortement. Pourtant, « ils ne bénéficient pas de la même protection ».

 

Claire de la Hougue souligne également  que la liberté de conscience est reconnue « tant à l’échelle nationale qu’internationale comme l’un des droits de l’homme les plus fondamentaux », contrairement à l’avortement ou  l’euthanasie pour lesquels il n’existe pas de droit sur le plan juridique. On ne pourrait donc faire prévaloir l’avortement ou l’euthanasie sur la liberté de conscience (cf. La clause de conscience des pharmaciens est un droit de l’homme).  

Causeur, Claire de La Hougue (1/08/2016)

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