Pays-Bas : rapport sur la pratique de l’euthanasie

Publié le : 21 septembre 2011

Dix ans après la légalisation de l’euthanasie aux Pays-Bas, l’association nationale des médecins néerlandais (la KNMG) a publié des directives concernant la participation des médecins aux euthanasies et aux suicides assistés, dans un rapport intitulé "Le rôle du médecin dans l’interruption volontaire de la vie". Récemment, des demandes d’euthanasies pour les personnes démentes et pour celles qui sont simplement "fatiguées de vivre" ont été largement médiatisées dans le pays.

Dans son rapport, la KNMG écrit notamment que les médecins néerlandais qui refusent de pratiquer une euthanasie ont l’obligation professionnelle de référer les patients qui la demandent à un collègue conciliant. Parmi ses principales conclusions, ce rapport établit :

– qu’une fausse idée de l’euthanasie et du suicide assisté est répandue aux Pays Bas : ces pratiques sont illégales dans le pays sauf si un médecin est impliqué et s’il y a une maladie insupportable.

– "Contrairement à ce qui est généralement supposé, la loi sur l’euthanasie comprend des dispositions permettant l’euthanasie pour les patients souffrant de troubles psychiatriques et de démence", précise en outre le rapport.

– Lorsqu’un médecin ne veut pas pratiquer cet acte, "il y a un devoir moral et professionnel de fournir au patient une assistance dans les temps pour trouver un médecin (…) qui n’a pas d’objection fondamentale à l’égard de l’euthanasie et du suicide assisté".

– Si un patient n’a pas de souffrances insupportables, il ne peut pas être euthanasié, mais il peut décider d’arrêter de manger et de boire. Dans ce cas, le médecin doit respecter sa décision et il se doit alors de "superviser le patient et d’alléger la souffrance par des soins palliatifs efficaces".

– De même, s’il n’y a pas de souffrance insupportable et que le patient veut se suicider avec des médicaments, le médecin peut donner des conseils sans être passibles de sanctions.

– Les charges liées à la vieillesse sont suffisantes pour demander l’euthanasie. "Une accumulation des affections gériatriques (…) qui se traduisent par une détérioration progressive peuvent aussi être considérées comme des souffrances insupportables et durables" pour lesquelles l’euthanasie est une solution.

Ce rapport conduit à s’interroger sur l’avenir de la pratique de la médecine aux Pays-Bas. Il montre que l’association nationale des médecins néerlandais (KNMG) considère l’euthanasie comme une part ordinaire des soins dus aux patients. Les auteurs du rapport notent qu’il y a déjà 1 million de personnes âgées présentant une "multimorbidité" et que dans 10 ans, il y en aura 1,5 million, soit 10% de la population. Tous seront admissibles à l’euthanasie si leur souffrance leur semble interminable et leur vie vide de sens. La KNMG reconnaît qu’il y aura toujours des médecins refusant de pratiquer l’euthanasie mais elle somme clairement ceux-ci de collaborer d’une certaine façon, que ce soit en donnant des "conseils" ou en renvoyant les cas à un collègue.

Wil Uit Vrije (Par libre choix), un groupe pro-euthanasie va jusqu’à demander que l’euthanasie soit disponible pour toute personne de plus de 70 ans qui le voudrait, sans référence à son état de santé.

Bioedge (Michael Cook) 17/09/11 - Radio Netherlands Worlwide 08/09/11

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