Pas de suicide assisté pour « souffrances intolérables » dans le code de déontologie médicale suisse

Publié le 26 Oct, 2018

La Fédération des Médecins Suisses (FMH) a rejeté l’élargissement des critères d’accès au suicide assisté. En mai dernier, l’Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) avait publié des nouvelles directives concernant l’accès au suicide assisté. Ces nouvelles directives ont supprimé l’obligation que le patient soit proche de la mort, la remplaçant par un critère de « souffrances intolérables » (cf. En Suisse, les critères d’accès au suicide assisté élargis à la “souffrance insupportable” ).

 

D’ordinaire, quand l’ASSM publie de nouvelles directives, la FMH les ajoute systématiquement au code de déontologie médicale. Mais cette fois les médecins ont exprimé leur « malaise »  face à ces directives (cf. Elargissement des conditions au suicide assisté en Suisse : des médecins appellent à refuser les nouvelles directives ).

 

La Fédération, qui compte 40 000 membres, a exprimé hier un refus « très large » des directives, s’opposant notamment au choix du critère de souffrance insupportable, « pas mesurable, pas quantifiable ». La FMH explique que « cette formulation renvoie à une notion juridiquement indéterminée, qui apporte beaucoup d’incertitude pour le corps médical ».  Michel Matter, vice-président de la FMH explique que c’est un vote « en faveur d’une meilleure protection des plus vulnérables ». Selon Bertrand Kiefer, médecin et rédacteur en chef de la Revue médicale suisse, c’est un refus clair de l’assistance au suicide « hors des situations de fin de vie ». Les médecins suisses redoutaient notamment l’« ouverture du suicide assisté pour les patients souffrant de troubles d’ordre psychiatriques, ou aux personnes âgées fatiguées de vivre », craignant que cette nouvelle médecine ne se trouve « en porte-à-faux avec une démarche de prévention ».

 

Ce refus de la FMH ne freinera sans doute pas les associations d’euthanasie suisses : « Une poignée de médecins continuera à collaborer avec les organisations d’aide au suicide, qui ne suivent pas le code de déontologie et admettent des patients non mourants », explique Bertrand Kiefer.

Le Temps, Céline Zünd (25/10/2018)

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