Pas de remise en liberté pour un médecin accusé de meurtre

Publié le 31 Jan, 2022

Un médecin est en détention préventive depuis début janvier. Il est soupçonné d’avoir injecté des doses mortelles d’un puissant sédatif, le Propofol, à deux patients atteints de cancer en phase terminale, en 2020 (Cf. Un médecin exerçant en soins palliatifs mis en examen pour meurtres). Lundi 31 janvier, la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Angers a refusé sa demande de remise en liberté.

Un dose « quarante fois supérieure à la dose mortelle »

Le médecin légiste Stéphane Mallebranque a observé « que sur au moins un des cas, la dose de sédatif constatée était quarante fois supérieure à la dose mortelle ». Selon les témoins, les patients n’étaient « pas en souffrance ». Le Dr Jérôme Talbot n’avait pas respecté la procédure de la loi Claeys Leonetti qui prévoit des réunions collégiales avant d’entamer une sédation. Dénoncé par ses confrères, il a été radié de l’ordre des médecins en mai 2021.

Lors d’une audience devant le juge d’instruction, l’accusé avait demandé, mercredi 26 janvier 2022, « la fin de sa détention préventive » et « la nomination d’un autre expert ». Pour Me Alain Ifrah, avocat de l’accusé : « Le docteur Mallebranque n’est pas du tout de la spécialité requise », « les chiffres ne veulent pas dire grand-chose. Ce qui est important c’est de savoir comment ça se passe dans la vraie vie de l’urgence ». L’avocat avait réclamé « une contre-expertise en pharmacopée et en médecine interne ». Selon lui, « les doses de Propofol relevées par l’expert n’étaient pas possibles : les seringues elles-mêmes ne contiendraient pas de quoi susciter une telle dose ».

Mais l’avocat général Didier Blanguernon « s’est opposé à la demande de remise en liberté ». Il justifie : « Je ne suis pas sûr que les résultats d’une contre-expertise seraient radicalement différents ». « En fait, [le Dr Talbot] est complètement sorti du cadre pour décider, de lui-même, de donner la mort à ses patients ».

 

Sources : Le Courrier de l’Ouest (26/01/2022) ; Ouest France, Josué Jean-Bart (31/01/2022) – Photo : iStock

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