Pas assez de stérilisations en France ?

Publié le : 16 juin 2010

Le journal Le Monde consacre un article à la "stérilisation à visée contraceptive", autorisée en France par la loi du 4 juillet 2001. Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur la prévention des grossesses non désirées, rendu en février 2010, a estimé en effet que la stérilisation était "la grande absente du paysage contraceptif français". En France, elle concernerait 2,3% des femmes et 1,2% des hommes ; 32 100 femmes et 1 600 hommes y auraient eu recours en 2006 contre 18 300 et 1 200 en 2003. Les auteurs du rapport notent qu’aucun des professionnels rencontrés par la mission "n’y a fait spontanément référence parmi les méthodes de contraception possibles". La loi prévoit d’ailleurs qu’un médecin n’est pas tenu de pratiquer cet acte, même s’il doit en informer l’intéressé dès la première consultation.

Car la stérilisation, opérée en France par le biais de la méthode Essure, est un choix irréversible excluant toute chance de retrouver sa fertilité. Le Dr. Georges Bader, chirurgien gynécologique, explique que lorsqu’il reçoit ses patientes, ils examinent d’abord "toutes les alternatives, elles me présentent leurs motivations. Car la méthode est irréversible". Elle consiste dans l’introduction dans les trompes de micro-implants souples et flexibles par voie hystéroscopique (par le vagin et l’utérus). La stérilisation est efficace trois mois après la pose des implants.

Chez les hommes, le recours à la vasectomie ou ligature des canaux déférents occasionne également une stérilisation définitive. Il reste que chez les hommes, cette pratique reste associée à une atteinte de la virilité.

Aujourd’hui, le profil des femmes ayant recours à la stérilisation est celui de "femmes en couple stable qui ont des enfants en bonne santé et n’en veulent plus". Le Dr. Marie-Laure Brival, gynécologue-obstétricienne à la maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis) reconnaît pourtant avoir procédé, pour la première fois, à une intervention sur une femme sans enfant de plus de 40 ans. Pour elle, la méthode Essure est un progrès et elle souhaiterait que davantage de gynécologues l’adoptent.

Avant que la loi ne lui donne le statut de moyen de contraception, la stérilisation était considérée comme une "mutilation".

Le Monde (Martine Laronche) 15/06/10

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