Mort de deux enfants dans un essai de thérapie génique : deux experts réagissent

Publié le : 3 juillet 2020

Le Dr Terry Flotte, doyen de l’école de médecine de l’université du Massachusetts et rédacteur en chef de la revue Human Gene Therapy, « la première revue consacrée au domaine de la thérapie génique », ainsi que « l’un des plus grands experts mondiaux en matière de thérapie génique », le Dr James M. Wilson, directeur du programme de thérapie génique de l’université de Pennsylvanie et ancien rédacteur en chef de la revue, ont co-rédigé un nouvel éditorial, « Moving Forward After Two Deaths in a Gene Therapy Trial of Myotubular Myopathy » [1], « en réponse à la nouvelle de deux décès survenus dans le cadre d’un essai clinique de thérapie génique désormais interrompu ».

En effet « deux enfants ayant reçu de fortes doses d’un vecteur de thérapie génique (AAV8) dans le cadre d’un essai de phase I pour la myopathie myotubulaire liée à l’X (MTM) » sont décédés. Pour les médecins, « cette nouvelle « est un rappel tragique de la difficulté de prédire les résultats des premières études sur l’homme » », malgré des études précliniques que les auteurs jugeaient « très prometteuses ».

Dans l’essai qui était en cours, sponsorisé par la société Audentes Therapeutics rachetée en 2019 par la société japonaise Astellas Pharma, « trois patients ont reçu une dose trois fois plus élevée que les autres participants ». Tous ont subi « une hépatotoxicité sévère », qui s’est avérée mortelle chez deux d’entre eux.

Les docteurs Wilson et Flotte notent que « certains signes de toxicité ont été signalés dans d’autres essais AAV au cours des deux dernières années, notamment des essais sur l’atrophie musculaire spinale et la dystrophie musculaire de Duchenne, qui sont menés par des sociétés telles que Solid Bio, Sarepta et Pfizer ». Dans ces essais, « tous les sujets concernés par ces essais se sont rétablis ».

Pour les médecins, « le développement clinique précoce des vecteurs de thérapie génique peut nécessiter un processus itératif, surtout si des toxicités inattendues sont observées ». Ils estiment que « des études supplémentaires dans des modèles précliniques devraient permettre d’évaluer les variables associées à la réponse immunitaire ».

« L’essai MTM est en suspens pendant que les autorités poursuivent leurs recherches ».

 

Pour aller plus loin :

 


[1] James M. Wilson et al, Moving Forward After Two Deaths in a Gene Therapy Trial of Myotubular Myopathy, Human Gene Therapy (2020). DOI: 10.1089/hum.2020.182

 

Source : Medical Xpress, Mary Ann Liebert (02/07/2020)

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