Mgr. Vingt-Trois : alerte sur « un recul de la civilisation »

Publié le : 24 mai 2011

Lundi 23 mai 2011, le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, a tenu une conférence de presse pour "alerter de nouveau les Français et les parlementaires" sur une "dérive grave" des dispositions retenues dans le projet de loi de bioéthique, qui sera examiné en deuxième lecture à l’Assemblée nationale à partir du 24 mai 2011.

Si la révision de la loi de bioéthique a donné lieu à un vaste  débat national et à de nombreuses contributions, c’est parce que "nous percevons bien que, par le biais de décisions apparemment techniques, s’exprime un choix de civilisation", explique le Cardinal Vingt-Trois. Il avertit qu’ "une certaine conception de l’être humain serait très gravement compromise" si les modifications apportées par le Sénat au projet de loi étaient entérinées par les députés. En effet, souligne le Cardinal Vint-Trois, la levée de l’interdiction des recherches provoquant la destructions des embryons humains "ouvrirait largement le champ à une instrumentalisation de l’être humain, au moment même où la Commission européenne travaille à la protection des embryons des animaux, ce qui constitue un sinistre paradoxe !"

Les résultats scientifiques actuels ont ouvert d’autres pistes de recherches efficaces mais celles-ci sont moins encouragées aujourd’hui, rappelle le Cardinal Vingt-Trois, qui s’interroge : "Faut-il donc imaginer que des lobbies économiques évaluent que la recherche sur l’être humain est plus rapide et moins coûteuse que les expérimentations animales ? […] N’y-a-t-il pas d’évaluation éthique de la recherche ?"

Il s’alarme également de "la systématisation juridique du diagnostic prénatal" qui conduit "inévitablement à un eugénisme d’Etat". "Quel message adresserions-nous ainsi aux personnes handicapées que nous affirmons vouloir respecter et intégrer dans la société", ainsi qu’à leurs familles ? "Leur dirons-nous que la solution idéale eût été que leurs enfants n’aient pas vu le jour ?", interroge Mgr. Vingt-Trois. Les sommes considérables englouties dans ce dépistage généralisé pourraient être consacrées à financer la recherche, notamment sur la trisomie 21, fait-il remarquer.

"Vers quelle société voulons-nous progresser ? […] Les plus faibles et les plus vulnérables y auront-ils leur place ?" Le type de société que nous préparons pour nos enfants dépendra des réponses que nous apportons aujourd’hui à toutes ces questions. "Le respect inconditionnel de l’être humain vaut mieux que des démissions peu réfléchies et peu courageuses qui font reculer notre civilisation en la poussant vers des choix extrêmes", prévient Mgr. Vingt-Trois.

La Croix 23/05/11 - Gènéthique 23/05/11

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