Loi de bioéthique : vigilance de l’Eglise sur l’élargissement du DPI à la trisomie 21

Publié le : 7 avril 2010

Lors d’une conférence de presse le 6 avril 2010, Monseigneur Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et ancien président du groupe de travail des évêques sur la bioéthique a commenté le rapport parlementaire sur la bioéthique remis au gouvernement en janvier 2010. Il a souligné deux avancées "importantes" et plusieurs "points de vigilance". Il s’est réjoui de la proposition d’un "débat éthique permanent" en rappelant que l’Eglise catholique doit se situer "à l’intérieur de ce débat, en proposant le dialogue et parfois en le suscitant". Il a aussi salué la prise en compte de "l’intérêt de l’enfant à naître" qui avait été oublié dans les précédentes lois de bioéthique. Il y repère la marque d’une "société devenue ‘adulte puisqu’elle prend conscience de ses responsabilités vis-à-vis des nouvelles générations’".

Cependant, Mgr d’Ornellas a dit son inquiétude quant à la proposition d’élargir le diagnostic préimplantatoire (DPI) à la trisomie 21. Actuellement, le DPI est effectué pour dépister une seule maladie lorsqu’un couple a une forte probabilité de donner naissance à un enfant atteint d’une maladie génétique particulièrement grave et reconnue comme incurable. La loi interdit d’établir une liste de maladies pour lesquelles une demande de DPI ou d’interruption médicale de grossesse (IMG) serait admise afin d’éviter la stigmatisation de certaines affections. Or, le rapport de la mission parlementaire propose de rajouter à tout DPI le dépistage de la trisomie 21, et établit ainsi, de fait, une liste. Mgr d’Ornellas a alerté sur le risque d’un "eugénisme légalisé" si cette proposition est adoptée. Il a montré en quoi cette proposition contredit d’autres recommandations du rapport, telle que celle de "changer le regard de la société sur le handicap".

Concernant les recherches sur l’embryon, il a déploré la suppression de la condition qui limite ces dernières à "celles qui ne peuvent être poursuivies par une méthode alternative d’efficacité comparable". L’embryologiste Claude Humeau, présent à la conférence de presse, a rappelé que les cellules souches embryonnaires présentent des risques, notamment "une inquiétante capacité à ‘se transformer en cellules cancéreuses’ ".

A l’approche du projet de loi, l’intérêt de l’Eglise catholique pour les questions de bioéthique demeure donc entier comme le montre la réouverture du blog de bioéthique de la Conférence des évêques de France (Cf. Synthèse de presse du 29/03/10). Celle-ci encourage à poursuivre un dialogue entre "les chercheurs et la société pour qu’ensemble, il soit donné des solutions aux premiers" selon les mots de Mgr d’Ornellas qui a averti que "le jour où une loi ne fait pas tout pour aider au respect de la dignité humaine, elle est fautive".

La Croix (Anne-Bénédicte Hoffner) 07/04/10 - La Vie.fr (Claire Legros) 06/04/10

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