Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques

Publié le : 1 juillet 2005

Démaquiller les mots

 

Le Lexique veut remédier à une «manipulation du langage » présente dans les grands débats de société. Trop souvent on fait basculer l’imaginaire des citoyens sans qu’ils s’en rendent compte… N’est-ce pas plus facile de pratiquer une « réduction embryonnaire » qu’un avortement ? D’avoir une « aventure extra conjugale » plutôt qu’être adultère ? D’éliminer un « zygote » ou un « amas cellulaire » plutôt qu’un embryon ? Ce « maquillage des mots » est utilisé pour travestir la vérité. Démaquiller les mots c’est favoriser l’émergence d’une réflexion juste et objective.

 

Préfacé par le cardinal A. Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille, le Lexique réunit les contributions de 72 spécialistes de différentes nationalités, parmi lesquels il faut citer : Mgr Vingt-Trois et Mgr Ricard, T. Anatrella, G.-F. Dumont, M.-T. Hermange, X. Lacroix, J.-D. Le Caillon, J.-M. Le Méné, J.-M. Meyer, J. Suaudeau, et parmi les nombreux auteurs étrangers : C. Casini, R. Colombo, M. Schooyans, J. Wilks.

 

Le projet qui a donné naissance au Lexique remonte à la Conférence Internationale du Caire sur la population et le développement (1994) organisée par les Nations Unies. Mgr Jean-Pierre Ricard a expliqué que « certains des participants à cette Conférence s’aperçurent (…) qu’on utilisait, un langage curieux, presque codé, dans lequel certaines expressions apparemment anodines, mais en fait ambiguës ou à double sens, revenaient régulièrement et pouvaient donner le change sur les véritables intentions des organisateurs de la Conférence. Ces mêmes participants s’aperçurent ainsi que cette manipulation du langage n’était pas propre à la Conférence du Caire, mais semblait être devenue une habitude dans ce secteur particulier de l’ONU. Conscients de ce que des personnes non averties pourraient se laisser prendre à ce jeu sémantique dans d’autres réunions internationales, et voter, sans s’en rendre compte, en faveur de motions opposées à leurs convictions, ces délégués demandèrent alors au Conseil pontifical pour la famille, de publier une sorte de lexique des expressions ambiguës ou à double sens utilisées.»

 

Eclairer l’intelligence

 

Homme, femme, quelle différence ? Comment envisager la santé reproductive des femmes ? Jusqu’où le médecin peut-il orienter ses patients dans leurs choix ? Face aux foisonnements des tendances en bioéthique et la teinte a-normative et utilitariste de la bioéthique anglo-saxonne, l’Église rappelle la nécessité d’une base philosophique et anthropologique sérieuse pour de tels débats. Une partie des impasses actuelles dans le domaine de la bioéthique vient de ce que l’on a souvent abandonné les normes universelles du jugement éthique au profit de décisions pragmatiques, prises au nom de biens partiels, et fortement teintées de subjectivisme.

Il ne s’agit pas pour l’Église de défendre une morale confessionnelle mais d’éclairer l’intelligence et la raison en vue d’un dialogue tourné vers la vérité. Une partie importante du lexique concerne la famille (couple, homosexualité, « gender ») mais aussi la vie humaine, et les menaces qui pèsent sur elle aujourd’hui, en particulier dans ses débuts et lors de son déclin (contraception, avortement, interruption médicale de grossesse, procréation médicalement assistée, euthanasie, démographie)…

 

L’exemple des PMA

 

Procréation assistée et Fécondation in vitro (FIV) par Mgr Bruguès :  » En fait le terme même de procréation assistée est parfaitement trompeur car il ne s’agit pas là le plus souvent d’une « assistance » (…) mais d’une substitution. Substitution du médecin manipulateur de gamètes au mari, substitution d’un acte technique à l’union des corps.(…) Même si un jour le progrès des techniques permettait d’éviter la destruction massive d’embryons humains liée aujourd’hui à la pratique de la FIV (96 % des embryons ne sont ainsi « créés » que pour leur perte) qui la rend inacceptable, il n’en faudrait pas moins continuer à dénoncer un procédé qui en fin de compte est déshumanisant. » Sont ensuite détaillées les techniques de FIV, (avec ou sans don de gamète, mère porteuse, congélation d’embryon à moins 196°C, « réduction embryonnaire »…) puis les objections morales. « A ses débuts la Fivete a été présentée comme une technique de lutte contre l’infertilité. En réalité elle ne traite pas l’infertilité (…). On avait bien perçu que cette technique ouvrait des perspectives abyssales pour l’avenir de l’homme, telles que l’ectogénèse, la gestation d’embryons humains par des espèces animales, le clonage, la substitution du noyau de l’embryon par un noyau prélevé sur un être humain adulte, sans parler de la médecine dite prédictive. » Avec le recul, « nous voyons mieux pourquoi l’Eglise a condamné fermement ces pratiques« .

 

Adieu le prêt à penser…

 

A la frontière du droit et de la médecine, et articulé  sur la réflexion philosophique, le Lexique est un retour aux sources. Les grands thèmes philosophiques y sont abordés sans complexes : liberté (union libre, libre choix, etc.), droit (droit des femmes, droit à l’enfant, etc.), souffrance…

 

Il ne s’adresse donc pas uniquement aux catholiques mais à tous les hommes de bonne volonté qui refusent le « prêt à penser » et souhaitent trouver des réponses aux questions qu’ils osent encore poser, particulièrement aux hommes politiques, aux parlementaires, aux éducateurs, aux ONG et aux centres de formation. 

 

 

Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques, 1008 pp, Editions Téqui, juin 2005.

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