Ce lundi 2 mars, les évêques belges ont publié dans les médias une prise de position forte contre une éventuelle extension de l’euthanasie aux personnes démentes.
Un an après l’extension de l’euthanasie aux mineurs (28 février 2014), utilisant la voie des journaux nationaux plutôt qu’une lettre officielle de diffusion limitée, l’Eglise de Belgique anticipe une nouvelle « dérive » de la loi initiale du 28 mai 2002. Elle redoute en effet que, dans ce « climat d’euthanasie », une extension de la loi ne soit comprise « comme une invitation à en finir, voire comme un devoir de mourir ».
Les évêques encouragent « ceux et celles qui sont engagés dans l’accompagnement des personnes fragiles », et appellent à une « solidarité inconditionnelle » envers ces personnes. Nous avons « la responsabilité éthique d’en prendre soin », en luttant contre un « individualisme excessif ».
Ils réaffirment la dignité de chaque personne : « Un être humain, même atteint de démence, demeure une personne à part entière jusqu’à sa mort naturelle », « une perte d’autonomie n’est pas pour nous synonyme de perte de dignité ».
Si l’Eglise belge prend ainsi la parole, c’est bien parce que « les personnes concernées sont justement celles qui peuvent le moins faire entendre leur voix ».
La Libre 02/03/2015 (Christian Laporte) ; Radio Vatican 02/03/2015