Les enfants nés par GPA auront-ils le même sort que ces enfants adoptés, abandonnés, réadoptés ?

Publié le 13 Avr, 2016

Le reportage commence sur les images choc d’un défilé d’adolescents. Très vite, le téléspectateur se rend compte, ahuri, qu’il n’est pas dans le monde de la mode, mais que ce défilé concerne des enfants en quête de parents adoptifs. Des enfants adoptés, puis abandonnés, qui cherchent de nouveaux parents et se présentent sous leur meilleur jour.

 

Ce reportage « Etats-Unis, enfants jetables » était proposé sur France 5, mardi 12 avril à 20h50. Aux Etats-Unis, ils seraient près de 25 000, de tous les âges, en quête de nouveaux parents. Abandonnés souvent plusieurs fois, mis en ligne sur un site Internet, available, disponibles, c’est ainsi qu’ils sont présentés, comme des produits de consommation en stock, et susceptibles d’être victimes de tous les abus. Pourquoi ?

 

Aux Etats-Unis, ce n’est pas le bien de l’enfant qui prime dans le projet d’adoption, mais le « désir d’enfant », le « projet parental ». Pour Marie-Anne Frison-Roche, « c’est la volonté d’avoir un enfant qui fait naître l’enfant »[1]. Et quand l’enfant ne parvient pas à entrer dans le projet parental, quand il ne s’y identifie pas, il est rejeté, échangé, donné : « L’adulte remet l’enfant en circulation en disant que l’enfant trouvera un projet auquel il sera plus adéquat ». Et ce sont des milliers d’enfants qui sont ainsi victimes de l’inconscience de parents que l’adoption met en défaut.

 

Jusqu’ici en France et plus largement en Europe, l’adoption a été protégée de tels abus. Le droit encadre strictement la pratique, qui fait l’objet d’un suivi.

 

Mais comment ne pas penser aux enfants nés de la PMA, plus encore de la GPA, et dont la vie ne tient qu’au « désir d’enfant » de leurs parents (cf. Le projet parental légitime-t-il la venue de l’enfant ?) ? Comment réussiront-ils à « être assez parfaits » pour combler ce désir ? Que deviendront ces enfants s’ils ne correspondent pas au projet parental des couples qui les font fabriquer et les achètent en Inde, en Russie ou ailleurs ? Déjà sur le marché de la GPA, des enfants « qui naissent avec une malformation sont rejetés par les ‘parents d’intention’, puisqu’ils ne correspondent pas au projet que ceux-ci avaient ». Ne risquent-ils pas de subir le même sort que celui de leurs frères mal adoptés ?

 

[1] http://mafr.fr/fr/article/aux-etats-unis-on-soffre-un-enfant-par-gpa-ou-par-/

Partager cet article

[supsystic-social-sharing id='1']

Synthèses de presse

Etats-Unis : la pandémie de Covid à l’origine de l’augmentation des dysphories de genre ?
/ Genre

Etats-Unis : la pandémie de Covid à l’origine de l’augmentation des dysphories de genre ?

Selon un rapport, le nombre de demandes de prise en charge pour des questions liées à l’« identité de genre » chez ...
Pilule
/ IVG-IMG

Pilule abortive : la Cour suprême américaine lève les restrictions

Les juges de la Cour suprême ont estimé que les plaignants, des associations de médecins ou des praticiens opposés à ...
Epigénétique : une nouvelle cause potentielle de l’infertilité masculine
/ PMA-GPA

Epigénétique : une nouvelle cause potentielle de l’infertilité masculine

Selon une étude, une régulation défectueuse du génome lors de la spermatogénèse pourrait être une cause potentielle d’infertilité masculine ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres