L’embryon humain en danger

Publié le : 23 juin 2016

En novembre dernier, l’Assemblée nationale a introduit « un nouveau régime de recherche sur l’embryon dans le cadre de l’assistance à la procréation médicalement assistée ». L’article précise que « des recherches biomédicales menées dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation peuvent être réalisées sur des gamètes destinés à constituer un embryon ou sur l’embryon in vitro avant ou après son transfert à des fins de gestation ».

 

Pour Marisol Touraine, il s’agissait de « donner une base légale afin que les recherches en assistance médicale à la procréation puissent être poursuivies avec les garanties de la recherche biomédicale ». Mais la Fondation Jérôme Lejeune s’indigne. Dans ce discours, « pas une seule fois l’embryon humain n’est évoqué », et elle dénonce dans cette omission la volonté d’éviter le mot, « pour prévenir toute contestation » qui s’opposerait au vote de l’amendement.

 

La Fondation constate également que le décret de février 2015 permet aux scientifiques d’effectuer leurs travaux sur l’embryon humain (dans un but de procréation) sans être tenus de publier leur demande d’autorisation, échappant ainsi au contrôle de l’Agence de la biomédecine : « Les chercheurs pourront désormais faire ce qu’ils veulent des embryons humains ».

 

Les scientifiques généticiens ont toujours poussé pour obtenir davantage de liberté, notamment sur les manipulations embryonnaires, sans pour autant définir un cadre structuré à leurs recherches. Ces autorisations annoncent les premières étapes d’un transhumanisme qui ne relèvent plus du tout de la science-fiction : « Le champ des possibles est donc infini … », réagit un expert.

 

La découverte des techniques génétiques telles que les TALENs ou CRISPR-Cas9, donnent la possibilité de créer, détruire, modifier, ou corriger assez facilement, et de manière précise le génome humain.

L’objectif est d’utiliser ces techniques pour corriger des défauts génétiques. Mais « une fois mise en place pour corriger de graves défauts génétiques, la même technique pourra être utilisée pour améliorer un enfant », comme l’explique un chercheur de l’Inserm à la Fondation Jérôme-Lejeune.  

 

C’est pour cette raison que des associations de défense de la vie ont demandé un moratoire visant « l’interdiction de l’utilisation de CRISPR-Cas9 sur les embryons, les spermatozoïdes, ou les ovocytes humains », afin d’éviter de tomber dans les dérives du « designer-baby », évoqué outre-Atlantique.

 

76% des français approuveraient l’utilisation de cette technique pour des personnes souffrant de maladies génétiques, et 76% refuseraient cet emploi pour modifier des embryons humains in vitro. 

 

<p>Valeurs actuelles (Mickaël Fonton) 23/06/2016</p>

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