Légalisation de l’euthanasie : dérives inévitables

Publié le 22 Fév, 2011

Au Québec, le Dr François Primeau, chef du service de gérontopsychiatrie à l’Hôtel-Dieu de Lévis et professeur à l’Université de Laval, a été auditionné par la Commission spéciale sur la question de "mourir dans la dignité" (Cf. Synthèse de presse du 10/09/11).

Selon lui, la légalisation de l’euthanasie ne peut que conduire à de nombreuses dérives, quelles que soient les balises qui sont mises en place par la loi. Il cite, à titre d’exemple, le cas des Pays-Bas où l’euthanasie est autorisée : "En 2009, aux Pays-Bas, il y a eu 2636 décès par euthanasie, soit 45% de plus qu’en 2003. On ne comptabilise pas dans ce total les 550 cas d’euthanasie sans consentement, ni les 400 cas de suicide assisté, ni les 20% d’euthanasies non rapportées, ni les enfants décédés".

Il note également que "dans ce pays, l’euthanasie a été accordée aux mineurs de moins de 12 ans, aux patients en dépression, aux nouveaux-nés handicapés et aux patients souffrants de démence, ce qui est fort alarmant".

"La dépression et la démoralisation sont les véritables causes des demandes d’euthanasie. Ces causes peuvent être traitées efficacement. L’euthanasie n’est pas la réponse à la dépression de fin de vie", a-t-il expliqué. Des études montrent que si les patients dépressifs sont de 4,1 à 5,29 fois plus susceptibles de demander l’euthanasie que les autres, 50% d’entre eux changent toutefois d’avis dans la quinzaine de jours qui suit la demande d’euthanasie.

Il indique enfin que légaliser le suicide assisté serait en contradiction avec les campagnes de santé publique contre le suicide.

Cyberpresse.ca 18/02/11

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