Le projet Biobank en Angleterre

Publié le 27 Nov, 2006

Libération consacre un dossier sur le projet anglais Biobank qui sera lancé en 2007 et qui est "la plus ambitieuse collecte de données biologiques jamais réalisée" : 15 millions d’échantillons de sang et d’urine prélevés sur 500 000 britanniques. Outre le soutien financier accordé par le Medical Research Council et le Welcom Trust, le projet est doté de 61 millions de livres, soit 90 millions d’euros.

Les stocks ainsi réalisés permettront aux chercheurs de se pencher sur les liens entre facteurs environnementaux (alimentation, mode de vie…), gènes et maladies. "Notre boulot, c’est de construire une base de données, afin que d’autres puissent faire de la recherche", explique le Pr Rory Collins (université d’Oxford), investigateur principal du projet. "Sous réserve de projet éthiquement et scientifiquement valide, nos données et les sérums seront accessibles aux chercheurs de tous pays et aux firmes pharmaceutiques", ajoute le directeur général, Tim Peakman. Les résultats ne seraient pas attendus avant des décennies.

Mais, depuis quelques mois, des voix s’élèvent contre ce projet qui prévoit aussi de prélever l’ADN des sujets. Certains craignent qui cet ADN ne soit pas protégé des utilisations abusives. Le Pr Collins précise que : "questionnaires et échantillons biologiques sont anonymisés. Et un comité d’éthique complètement indépendant est associé à toutes les phases". Ce comité d’éthique, qui recevra 1,7 million de livres, devra éviter le fiasco du projet islandais privé de collecte d’ADN, DeCode*. Les britanniques semblent adhérer au projet, bien s’ils soient conscients qu’ils ne connaîtront rien des études réalisées à partir de leur prélèvement.

Interviewé, Georges Daher, responsable des collections biologiques à l’Inserm, fait le point sur les biobanques en France. Si les collections privées sont peu nombreuses, depuis les 5 dernières années, la France compte entre 40 et 50 nouveaux centres de ressources biologiques. Par ailleurs, Georges Daher souligne la tendance actuelle visant à regrouper des collections et à développer des coopérations internationales. Mais les biobanques coûtent cher (60 millions d’euros par an au total en France) et ne bénéficient pas de ligne budgétaire dédiée, à l’exception des centres cancer. "Il est indispensable de financer le coût minimal de la conservation des échantillons biologiques. Faute de quoi, la France risque de perdre les collections de grande valeur qu’elle a mis des années à rassembler", avertit Georges Daher.

Libération (Sandrine Cabut, Anne-Françoise Hivert) 25&26/11/06

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