L’avortement : une réalité violente

Publié le : 19 janvier 2011

Après la "mise en procès médiatique" d’un professeur de Manosque, suspendu par le rectorat pour avoir montré un documentaire très cru sur l’avortement (Cf. Synthèse de presse du 25/11/10), le psychanalyste Tony Anatrella analyse l’impact d’une telle action sur des adolescents.

Selon lui, il s’agit de replacer le problème : ce ne sont pas les images qui sont violentes mais la réalité destructurante de l’avortement : "l’un des principes anthropologiques structurants d’une société civilisée [qui] est transgressé : "Tu ne tueras pas". N’y a-t-il pas de quoi douter de l’humanité qui se complaît dans ces pratiques qui sont source de violence ?"

Quant à savoir s’il est pédagogique de montrer cette réalité à des jeunes, il fait remarquer : "Certaines campagnes de prévention routière étaient violentes, ainsi que celles contre les agressions sexuelles montrées à de jeunes enfants. N’en est-il pas de même lorsque l’on décrit les horreurs des camps de concentration ?"  "Si l’on veut donner une information honnête", il faut "communiquer toutes les données du problème" aux adolescents.

Aujourd’hui, l’avortement est soumis à une censure totalitaire qui vise à faire accepter l’inacceptable. Ainsi, a-t-on supprimé les entretiens pré-IVG prévus initialement par la loi Veil. Dans le cas de l’affaire de Manosque, des cellules d’urgence psychologiques ont été mises en place. Mais "quelle naïveté et quel manque de réflexion de la part des pédagogues ! Ces cellules sont une forme de violence psychologique pour mieux faire accepter l’innommable. L’apologie de l’avortement serait ainsi permise et le vécu psychique qu’il développe devrait être anesthésié par des psychologues ?", analyse Tony Anatrella.

Or, malgré tout l’avortement demeure "une violence meurtrière faite à un être humain, au corps de la femme et au sens de la filiation. Les différentes techniques de l’avortement relèvent de la médication jusqu’à l’intervention chirurgicale qui va du dépeçage du corps du fœtus à l’aspiration de sa substance cérébrale pour mieux l’évacuer. Si on tente de le cacher, n’est-ce pas par mauvaise conscience ? La société abortive favorise une culpabilité qui est refoulée et dont le retour altère la qualité morale des personnes et le lien social". Il interroge : "Doit-on s’étonner que de nombreux médecins refusent de travailler dans ce secteur morbide, alors qu’ils conçoivent leur art afin de soigner et de guérir, non pour supprimer la vie ?"

Le psychanalyste souligne enfin : "Nous avons supprimé la peine de mort, et dans le même mouvement, nous l’avons restaurée contre le fœtus. Dans quelle logique sommes-nous ? Sans doute dans celle de l’injonction paradoxale qui est l’attitude du pervers."

Famille Chrétienne.fr (Clotilde Hamon) 14/12/10

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