La Tunisie accueille le neuvième sommet mondial des comités nationaux d’éthique

Publié le : 28 septembre 2012

Du 26 au 28 septembre 2012, à Carthage, en Tunisie, a eu lieu le neuvième sommet mondial des comités nationaux d’éthique. C’est en 1994 que "la Tunisie s’est dotée d’un comité national d’éthique […], onze ans après la France, un an après la Belgique, à une époque où une telle initiative était encore rare sur la planète".  "Pour la responsable de l’unité éthique et santé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), [Marie-Charlotte Bouësseau], l’un des grands enjeux actuels est d’arriver à distinguer ce qui doit faire l’objet d’un consensus international et ce qui relève d’approches socioculturelles différentes". Elle estime qu’ "il y a beaucoup de tensions entre la notion de principes universels et de modalité culturelles à prendre en compte".

Le quotidien La Croix précise d’ailleurs que dans le volet universalité, Marie-Charlotte Bouësseau y "place les biobanques, des centres de ressources biologiques qui stockent des échantillons (sang, tissus, ADN etc…) pour la recherche, et requièrent des standards internationaux de fonctionnement, ou encore le don d’organe par des donneurs vivants pour éviter le risque majeur d’exploitation des personnes".

Afin d’illustrer ces diversités d’approches, le président du comité d’organisation du sommet et membre du comité international de bioéthique de l’Unesco, Mohamed Salah Ben Ammar, explique que "le don de gamète est interdit en Tunisie. C’est une ligne rouge infranchissable, car la filiation est sacrée". Il ajoute : "Il y a la peur majeure d’épouser sa sœur, le sperme d’un même homme pouvant donner naissance à de nombreux enfants. Cela n’empêche pas que les fécondations in vitro soient fréquemment pratiquées en Tunisie, mais uniquement au sein du couple". Dans le cas où le couple serait infertile, la journaliste explique que "le couple aura recours à l’adoption". Mais elle ajoute que "cette pratique est […] amenée à évoluer au regard de la baisse de la fécondité". En effet, Mohamed Salah Ben Ammar précise que "les couples n’ont plus qu’un ou deux enfants aujourd’hui, cela change la donne".
A propos du don d’organe, il déplore que "la plupart des transplantations sont réalisées à partir de donneurs vivants, il y a une très forte opposition" à ce type de don. A ce titre, la journaliste précise que "l’enterrement qui se pratique dans les vingt-quatre heures suivant le décès rend très difficile le prélèvement en cas de mort encéphalique". "Pour autant, [précise le président du sommet], si la religion guide plus nos décisions, contrairement à ce que l’on pourrait penser, nous sommes moins crispés sur le caractère sacré de la vie" ajoutant qu’en Tunisie, "l‘avortement est légal […] depuis quatre ans".

La Croix (Marie Verdier) 28/09/12

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