La “totipotence” des cellules à portée de main des chercheurs ?

Publié le 2 Août, 2015

Des chercheurs ont réussi à reprogrammer des cellules de souris jusqu’au stade de « totipotence ». Il était déjà possible de reprogrammer des cellules du corps humain en cellules « pluripotentes » ou iPS depuis la découverte du professeur Yamanaka en 2006, mais cette nouvelle découverte reprogramme les cellules à un stade antérieur. A ce jour, elle ne concerne cependant que les souris.

 

Ces études ont été menées par des chercheurs allemands et français, sous la direction de Maria-Elena Torres Padilla, directrice de recherche Inserm au sein de l’IGBMC (CNRS/Université de Strasbourg/Inserm), et de Juanma Vaquerizas, du Max Planck Institute de Münster. Leurs résultats viennent d’être publiés dans la revue Nature Structural & Molecular Biology.

 

Les cellules « totipotentes » sont « non seulement capables de produire un embryon entier mais également le placenta et le cordon ombilical qui l’accompagnent», tandis que les cellules « pluripotentes » perdent une partie de ces capacités : elles sont « en mesure de se différencier en n’importe quel tissu, mais (…) elles ne peuvent pas, à elles seules, élaborer un fœtus entier ».

 

« Les chercheurs travaillant en Allemagne et en France ont voulu franchir cette frontière,  comprendre les raisons pour lesquelles ce « retour » à l’état a totipotent n’était pas possible en laboratoire. » Ils ont pour cela étudié l’ADN des cellules totipotentes et pluripotentes, pour déterminer ce qui les différencie. L’état de condensation de l’ADN, c’est-à-dire son organisation, distingue les deux types de cellules : « Ils ont notamment montré que l’ADN des cellules totipotentes était moins ‘condensé’ et que l’expression du ‘complexe protéique CAF1’ était, dans ces cellules, diminuée ».

 

« Ces résultats apportent de nouveaux éléments dans la compréhension de la totipotence et laissent entrevoir de prometteuses perspectives en médecine régénérative. Il faudra pour cela franchir encore quelques obstacles et travailler sur ces cellules humaines – des cellules que l’on parviendra à faire voyager vers leur passé, jusqu’au stade embryonnaire. Cela ne saurait tarder », conclut Jean Yves Nau.

 

Jean Yves Nau (03/08/2015)

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