La proposition de loi EELV discutée aujourd’hui

Publié le : 29 janvier 2015

Aujourd’hui les députés vont discuter de la proposition de la loi présentée par Véronique Massonneau et soutenue en bloc par l’ensemble des députés du groupe EELV. Bien que ce texte n’ait « aucune chance d’être adopté », Jean-Yves Nau[1] relève quelques points dans l’exposé des motifs de la proposition de loi demandant la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie :

 

  • « La solution serait de ne pas se contenter du ‘laisser mourir’ autorisé par la loi de 2005, mais autoriser le ‘faire mourir’, encore prohibé ».
  • Le texte réclame ‘l’ouverture du droit aux pratiques d’aide active à mourir’, que sont ‘l’euthanasie et le suicide médicalement assisté’ ».
  • Ainsi l’actuel article L. 1111-12-1. du code de la santé publique récrit devient-il « Lorsqu’une personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, infligeant une souffrance physique ou psychique inapaisable ou qu’elle juge insupportable, se trouve dans l’incapacité d’exprimer une demande libre et éclairée, peut bénéficier d’une euthanasie, à la condition que cette volonté résulte de ses directives établies dans les conditions mentionnées à l’article L. 1111-11. »

 

Rencontrée par Libération, Véronique Massonneau s’explique sur ses intentions et livre un peu de son histoire personnelle. « Je ne suis pas une militante de l’euthanasie, je suis simplement pour que les gens aient le choix, plaide la députée de la Vienne (…). S’ils veulent, à la fin de leur vie, une sédation pour mourir endormis, ou bien une euthanasie active, ou avoir recours au suicide assisté, je trouve normal qu’ils puissent choisir en toute connaissance de cause. C’est le droit élémentaire du patient, non ? » Pour elle, la proposition de loi Claeys-Leonetti n’est pas suffisante, « elle s’arrête en chemin ». Elle ne juge pas non plus utile d’arriver à un consensus car, ainsi que son collègue François de Rugy l’a exprimé le 21 janvier (Cf. Les différents groupes parlementaires prennent la parole sur la fin de vie), « aucune réforme de société n’a été l’objet d’un consensus a priori ».

 

Véronique Massonneau se défend de tout militantisme, ce dont doute Jean-Yves Nau. En effet, elle a révélé à Libération que ses parents avaient pu « bénéficier » de la loi belge sur l’euthanasie. « ll n’est pas rare, dans ce domaine qu’une expérience personnelle douloureuse conduise à une forme ou à une autre de militantisme », constate Jean-Yves Nau.

 

La proposition de la loi EELV sera soumise au vote mardi 3 février.

 

La proposition de la loi Claeys-Leonetti sera débattue en avril prochain.

 

[1] Jean-Yves Nau est médecin et journaliste, son blog: http://jeanyvesnau.com/

 

<p>Libération (Eric Favereau) 29/01/2015 - Blog de Jean-Yves Nau 29/01/2015 </p>

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