La manipulation de l’ADN, une nouvelle piste pour éviter la “FIV à 3 parents”

Publié le 24 Avr, 2015

Nature relaye la publication du Journal Cell (édition du 23 avril) faisant état de l’avancée des travaux de deux professeurs au Salk Institute for Biological Studies à La Jolla, (Californie), Alejandro Ocampo, biologiste moléculaire, et Juan Carlos Izpisua Belmonte, biologiste du développement.

Ils ont expérimenté, chez la souris, une alternative à la FIV à trois parents, décriée sur le plan éthique (cf. Synthèses Gènéthique du 11 février 2015, du 9 février 2015, du 6 février 2015, et du 5 février 2015). Leur piste : détruire l’ADN mitochondrial muté de la mère, à l’aide d’une enzyme, plutôt que d’insérer les mitochondries d’une donneuse dans l’ovule de la mère.

Ocampo et Izpisua Belmonte ont mené une première expérience sur des ovocytes et des zygotes[1] de souris. Les tests ont révélé que près de 60% de l’ADN mitochondrial a été détruit et que les bébés souris étaient sains.

Lors d’une deuxième expérience, ils ont “fusionné” des ovocytes de souris avec des mitochondries défectueuses provenant de personnes humaines. Les tests ont montré que 20 à 50 % des mitochondries défectueuses a été détruit.

“La technique est loin d’être disponible pour les parents” commente Nature, précisant que “la manipulation des cellules germinales et des embryons est illégale dans de nombreux pays et est largement considérée comme contraire à l’éthique”.

Dans la mesure où cette méthode modifie les cellules germinales, Ocampo et Izpisua Belmonte attendent actuellement l’autorisation de la part de comités d’éthique pour l’appliquer sur des cellules humaines. Ils ont annoncé leur intention de développer des lignées de cellules souches [embryonnaires] issues de ces cellules modifiées mais de ne pas laisser les embryons se développer.

D’après le biologiqte moléculaire, Michal Minczuk, de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni), Ocampo et Izpisua Belmonte doivent encore prouver que leur méthode n’affecte pas l’embryon, car en détruisant une large partie de l’ADN mitochondrial, l’embryon pourrait rencontrer des difficultés à s’implanter dans l’utérus maternel.

Le problème éthique, quant à lui, reste entier.

[1] Première cellule unique fécondée formant le premier stade de développement de l’embryon.

Nature (Sara Reardon) 23/04/2015

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