Jean-Marie Le Méné : “La recherche doit respecter l’éthique”

Publié le 25 Juil, 2012

Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Valeurs actuelles, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune parle de l’ajustement nécessaire entre la recherche et l’éthique.

Interrogé sur la récente annonce de la ministre de la Santé d’autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 6/07/12), le président de la Fondation Jérôme Lejeune explique alors qu’une telle autorisation "serait une transgression d’une gravité sans précédent", alors que la loi de bioéthique de 2011 "a confirmé un principe jamais remis en cause jusqu’ici", celui de "l’interdiction de la recherche sur l’embryon humain et sur les cellules souches embryonnaires", tout en autorisant une dérogation à ce principe, sous deux conditions strictes : que la recherche soit " ‘susceptible de progrès médicaux majeurs’ et qu’il soit ‘impossible de parvenir au résultat escompté par le biais d’une recherche ne recourant pas à des embryons humains’ ". Ainsi, en autorisant la recherche sur les cellules souches embryonnaires, " le nouveau gouvernement voudrait remplacer ce régime dérogatoire par une autorisation". Pour le président de la Fondation Jérôme Lejeune, "l’exception deviendrait la règle, et le respect de l’embryon une exception".
Puis, interviewé sur le fait de savoir si la loi est toujours respectée par l’Agence de la biomédecine (ABM) à qui le législateur a confié le soin d’autoriser, au cas par cas, les protocoles dérogatoires au principe d’interdiction des recherches sur l’embryon humain, Jean-Marie Le Méné répond par la négative. En effet, il explique que "la cour administrative d’appel de Paris vient d’annuler une décision de l’ABM dont la Fondation Jérôme Lejeune avait contesté la légalité devant la justice", en 2008. Il précise que la fondation a "apporté la preuve scientifique que l’on pouvait conduire [les dites recherches sur l’embryon qui avaient été autorisées par l’ABM en l’espèce] à partir de cellules souches non embryonnaires (en l’occurrence des cellules reprogrammées dite iPS)". Pour le président de la Fondation Jérôme Lejeune, "il n’est pas nécessaire de transgresser pour progresser". 
Dans le même temps, "Le Conseil de l’Europe vient d’organiser une audition sur les enjeux du dépistage prénatal au regard des droits de l’homme", suite au lancement d’une pétition intitulée Stop Eugenics Now (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 29/06/12), et "son Assemblée parlementaire doit examiner un projet de résolution condamnant l’eugénisme et les discriminations contre les personnes handicapées". Pour Jean-Marie Le Méné, "l’Europe s’inquiète de ces dérives bien plus que la France, où la situation s’aggrave de jour en jour".
 

Valeurs actuelles (Fabrice Madouas) 26/07/12

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