Jacques Testart pose la question des  »limites » en génétique

Publié le : 31 décembre 2001

Le biologiste Jacques Testard, Président de la CFDD (Commission Française du Développement Durable, pose comme enjeu du siècle à venir les limites de la génétique : «je crois que tous les problèmes qu’on appelle "bioéthiques" sont traversés par la question des limites, qui sera celle du siècle qui s’ouvre.». Il s’ inquiète de la mise en place tranquille d’un eugénisme sophistiqué qui en viendrait à éliminer le hasard nécessaire à toute diversité humaine. Il dénonce cette utopie biogénétique contemporaine qui promeut « une conception de l’homme capable d’assumer tous ses fantasmes jusqu’au bout, de maîtriser tous les objets de son ambition ». Par ailleurs, le biologiste estime que de nombreux projets de recherches reposent sur des bases incertaines: « on s’y lance à partir de données scientifiques assez rudimentaires et sans se donner les moyens de contrôler ce qui va se passer après.»

Jacques Testart se dit terrifié, par exemple, par les propos d’un grand chercheur américain, Jacques Cohen, qui écrivait: « dans les dix ou vingt prochaines années, nous serons capables de passer au crible chaque embryon humain pour toutes les anomalies chromosomiques numériques aussi bien que pour de nombreuses affections génétiques […], dont le diabète, l’hypertension et la schizophrénie. Dans un futur proche, il sera possible d’établir les prédispositions individuelles pour les maladies cardiovasculaires, tous les types de cancers et les maladies infectieuses. Dans un futur différé, on devrait pouvoir identifier divers traits génétiques comme la stature, la calvitie, l’obésité, la couleur des cheveux et de la peau, et même le QI.» Pour Jacques Testart, ce type de projet porte un nom : « purification génique ».

Le Devoir 29/12/01

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