Italie : nécessité de légiférer sur la fin de vie

Publié le : 25 mai 2011

Suite au vide législatif constaté après le décès de la jeune Eluana Englaro, tombée dans le coma en 1992 et décédée en 2009 après interruption d’alimentation et d’hydratation à la demande de son père, les députés italiens vont se prononcer sur la fin de vie en étudiant prochainement un projet de loi interdisant l’euthanasie.

Ce projet de loi, adopté par le Sénat en 2009, s’oppose à la décision prise par la Cour de cassation dans l’affaire d’Eluana Englaro. Le père de la jeune fille avait demandé que soient interrompues l’alimentation et l’hydratation de celle-ci estimant suivre ses volontés exprimées alors qu’elle en était encore capable. La cour suprême avait alors autorisé l’arrêt des soins en raison de "l’irréversibilité de l’état végétatif permanent prouvé".

A l’inverse, le futur texte législatif interdit à son article 1er toute forme d’euthanasie. Permettant aux citoyens d’exprimer par écrit leur volonté en cas de perte de leur capacité de compréhension et de leur volonté, notamment en renonçant à des thérapies "disproportionnées ou expérimentales", il prohibe le droit au refus d’alimentation et d’hydratation, ceux-ci constituant une forme de "soutien vital".

Le projet de loi devrait être adopté par les députés courant juin. Il fait cependant déjà l’objet de nombreux débats (cf. Synthèse de presse du 10/03/11), entre les protestations de Coscioni, l’association pour l’euthanasie lié au parti radical italien, et la prise de position favorable de l’association des médecins catholiques d’Italie. Ces derniers considèrent que le projet de loi constitue un barrage contre la dérive euthanasique, position qui fait écho aux propos du Cardinal Angelo Bagnasco estimant qu’ "une loi sur la fin de vie est nécessaire et urgente".

La Croix (Anne Le Nir) 24/05/2011

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