Interruption volontaire de grossesse à domicile

Publié le : 1 septembre 2004

IVG médicamenteuse en ville

 

Les associations de défense du droit à l’avortement se félicitent. Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy a signé cet été les textes organisant les interruptions volontaires de grossesse par voie médicamenteuse en dehors d’un établissement de santé (1). Prévue par la loi Aubry du 4 juillet 2001 qui faisait passer de dix à douze semaines le délai légal pour recourir à un avortement, cette mesure n’était toujours pas entrée en vigueur « faute » de textes d’application.

 

Désormais, les gynécologues de ville et les médecins généralistes, qui justifient d’une formation ou d’une pratique régulière d’IVG médicamenteuse dans un hôpital ou dans une clinique, peuvent prescrire et contrôler cet acte, après avoir passé une convention avec un établissement de santé.

 

Maintenant, jusqu’à la fin de la septième semaine d’aménorrhée, l’avortement peut se passer à domicile, sous contrôle d’un médecin. Cet avortement implique la prise d’un comprimé de Mifégyne (RU 486) qui stoppe la grossesse, puis de 2 comprimés de Gymiso qui provoquent l’expulsion de l’embryon. Au total, cinq consultations sont nécessaires,  pour un coût total de 191,74 euros, remboursés à 70% par l’Assurance maladie.

 

Des risques non négligeables

 

La méthode n’est pas sans risque et peut entraîner, dans 1% des cas, des hémorragies ou une rétention ovulaire, c’est pourquoi la femme doit pouvoir se rendre dans l’établissement de santé signataire de la convention dans un délai d’une heure (art. R. 2212-14 du CSP).

 

Hausse du forfait de l’IVG

 

Par ailleurs, l’arrêté du 28 juillet prévoit une hausse de 29% du forfait de l’IVG dans les hôpitaux et les cliniques, « afin de permettre aux établissements privés de s’impliquer davantage » a indiqué le

ministère de la Santé.

 

Nombre inquiétant d’avortements

 

« 220 000 interruptions de grossesse par an, soit 27% des naissances est un chiffre énorme et inquiétant », constate le Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof, communiqué de presse du 27 juillet), d’autant plus que le nombre progresse chez les jeunes filles mineures, dont 8000 à 10 000 se font avorter chaque année… 

 

 

1- Décret n° 2004-636 du 1er juillet 2004 relatif aux conditions de réalisation des interruptions volontaires de grossesse hors établissements de santé et modifiant le code de la santé publique (deuxième partie : partie Réglementaire)  (JO 2 juillet 2004) et arrêté du 23 juillet 2004 relatif aux forfaits afférents à l’interruption volontaire de grossesse (JO du 28 juillet 2004).

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