Inquiétude des sages-femmes face à l’IVG

Publié le : 1 juillet 2009

Le projet de loi « Hôpital, patients, santé, territoires » voté la semaine dernière autorise les sages-femmes à prescrire le RU 486. Cela permettrait « de faciliter l’accès à l’IVG en permettant un meilleur maillage des professionnels de santé pratiquant ces actes », explique le rapport Poletti. Cette extension des missions de la sage-femme ne fait pourtant pas l’unanimité parmi les professionnels.

Si pour Chantal Birman, sage-femme à la maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis), son travail « c’est de faire en sorte que la femme ressorte la plus grandie possible, qu’elle ait fait une IVG ou qu’elle ait gardé sa grossesse », pour Cécile Demarset, sage-femme de la région de Tours, en revanche : « L’essence de notre profession, c’est pourtant de conduire vers la naissance, d’accueillir la vie ».

Olivia Déchelette, porte-parole du collectif « Sages-femmes de demain« , s’opposant à la prescription de la RU dans leur métier, estime qu’« on peut tout à fait accompagner les femmes sans pour autant détenir ce pouvoir de prescrire une IVG (…) C’est un retour en arrière. Avant la loi Veil, les sages-femmes étaient parfois traitées d’avorteuses et avaient du mal avec cette image. Aujourd’hui, on a l’impression que la loi vient leur recoller cette étiquette« .

« Le risque est de donner moins de prix à la vie », s’inquiète de son côté Anne-Marie, étudiante en école de sage-femme.

Cette nouvelle disposition fait craindre par ailleurs un moindre investissement dans les autres compétences – multiples – du métier. « Pour nous qui sommes aux premières loges du don de la vie, n’est-il pas temps de privilégier notre action auprès des jeunes avant qu’ils ne soient confrontés à une grossesse non désirée? », s’interroge Olivia Déchelette.

<p>La Croix (Maryline Chaumont) 01/07/09</p>

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