« Ils font bouger les lignes » : le commerce de la fertilité en prime time

Publié le : 12 octobre 2020

Samuel et Jean-Raphaël se sont rendus au Canada pour une GPA. Sophie et Corinne ont eu recours à la PMA aux Pays-Bas. L’une et l’autre. Anne-Sophie a préféré le Danemark. « Ils n’hésitent pas à contourner les lois », annonce dès l’introduction ce documentaire sur « les nouvelles parentalités » diffusé mardi 6 octobre par France 5 [1].

L’enfant livré à la volonté des adultes

Le commerce international de la fertilité s’invite en prime time (cf. GPA : Dépôt d’une plainte contre France Télévisions ; GPA : « le courage politique est de ne pas céder à la propagande commerciale de l’industrie »). 150 000 euros pour une GPA au Canada, 5 000 euros pour une fécondation in vitro au Danemark. « Oui c’est un business », reconnaît Jean-Raphaël. Un business dont l’objet est l’enfant, soumis à des volontés d’adultes (cf. « Désir d’enfant », le salon PMA de trop). Léonie est née « de ma volonté », affirme Sophie sans sourciller (cf. Projet de loi bioéthique : « Un enfant n’est plus accueilli, il est désiré, produit et choisi »). De leur côté Sophie et Corinne, qui revendiquent un « droit à la parentalité », ne tergiversent pas : « C’est notre choix, notre décision ». Mais l’enfant peut-il être objet d’un droit, naitre de la volonté d’un tiers ?

Ces adultes brandissent en bannière l’amour pour leurs enfants, qui en douterait ?, et dénoncent le « retard » de la société dans une novlangue qui laisse songeur. Ainsi Jean-Raphaël n’aura de cesse de parler de « femme porteuse ». La mère n’est plus, pas même porteuse.

En creux, le besoin d’une mère et d’un père

Mais le vernis finit par craquer. Comme lorsque Corinne explique que, plus âgée que Sophie, elle a dû faire neuf tentatives avant de donner naissance à Merlin, quand Sophie est tombée enceinte de jumeaux dès le premier essai. « Il était hors de question que je n’aie pas, moi aussi, un enfant. » Mais n’affirme-t-elle pas à longueur de documentaire qu’elle est la mère des enfants auxquels Sophie a donné naissance ?

Ou encore quand cette maman qui a eu recours au don d’ovocyte pour avoir un enfant raconte avoir longtemps affirmé à son enfant « tu n’as pas de papa », avant de convenir « à contrecœur » de l’existence d’un « père biologique ».

« Faut-il un père et une mère pour qu’un enfant se construise ? » Après ce documentaire, il est difficile d’en douter.

[1] Ils font bouger les lignes. Les nouvelles parentalités, diffusé le 6 octobre à 20h50.

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