Grossesses tardives : « Il y a une limite à tout » !

Publié le 5 Jan, 2016

Les techniques de PMA ont rendu possible les « grossesses tardives et désormais ultra tardives », notamment par le recours au don d’ovocyte. En Europe comme aux Etats Unis, ces grossesses sont de plus en plus fréquentes. En France, sur 800 000 naissances en 2014, 98 concernaient des mères de plus de 50 ans, soit trois fois plus qu’il y a 15 ans, « selon les statistiques officielles ».

 

En France, le recours à la PMA est pris en charge par la sécurité sociale jusqu’à 43 ans. Aussi ces grossesses tardives sont « créées à l’étranger[1] et les risques sont assumés dans les maternités françaises », dénoncent Joëlle Belaïsch-Allart, gynécologue spécialiste des grossesses tardives à l’hôpital des quatre villes à Sèvres. Car ces grossesses tardives entraînent de nombreux risques pour les futures mères : « hypertension, diabète, hémorragie de la délivrance, voire décès ». Pour le Dr Belaïsch-Allart, « une grossesse après 50 ans est une folie (…). Il y a une limite à tout ».

 

Pour l’enfant, l’ovocyte venant la plupart du temps d’une femme jeune « il n’y pas de risque d’anomalie chromosomique », cependant « il y a un fort risque de prématurité et un risque de mort in utero très augmenté ». Il n’y a de plus « aucune donnée disponible sur l’évolution sociale et psychologique de ces enfants nés de mères âgées, alors que les études montrent déjà que les enfants nés de pères âgés ont tendance à développer plus de pathologies, telles que la schizophrénie ou l’autisme ».

 

Pour Michaël Stora, psychologue spécialiste de l’adolescence, la question serait « de savoir si une maternité à 50 ans répond à un véritable désir, (…) ou s’il répond à un besoin (narcissique) que la science peut venir satisfaire », voire à une volonté d’être mère « pour conforter la question de l’éternelle jeunesse ».

 

 

[1] L’Espagne, la Belgique et la Grèce autorisent le recours à la PMA jusqu’à 50ans.

 

AFP (6/01/2016)

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