Grande-Bretagne : polémique autour des embryons hybrides

Publié le 24 Juil, 2011

Le Daily Mail rapporte que des scientifiques britanniques ont créé plus de 150 embryons hybrides homme-animal en laboratoire durant les 3 dernières années dans le plus grand secret. Ce chiffre a été rendu public par Lord Alton après une question parlementaire.

Cette révélation intervient peu après qu’un comité de scientifiques a mis en garde contre des recherches sur certaines créations homme-animal risquant d’aller trop loin.

Des scientifiques affirment que ces recherches peuvent être utilisées pour développer des cellules souches embryonnaires pour traiter des maladies incurables. Depuis l’introduction du Human Fertilisation Embryology Act, 3 laboratoires britanniques (du King College de Londres, de l’université de Newscatle, de l’université de Warwick) ont obtenu des licences pour effectuer des recherches dans ce sens (Cf. Synthèse de presse du 24/10/08). Selon le Daily Mail, ces laboratoires auraient cessé de créer des embryons hybrides par manque de financement.

"J’ai fait valoir devant le Parlement mon opposition à la création d’hybrides humain-animal  comme une question de principe. Aucun des scientifiques que nous avons entendu n’a pu nous donner aucune justification en termes de traitement. […] Ethiquement, cela ne peut jamais être justifié. Cela nous discrédite en tant que pays. C’est patauger dans le grotesque", a déclaré Lord Alton. "A chaque étape, la justification des scientifiques était : si seulement vous nous permettez de faire cela, nous allons trouver des remèdes pour toutes les maladies actuellement connues. C’est du chantage émotionnel", dénonce-t-il. Il ajoute que sur les 80 traitements mis au point à partir de cellules souches, tous l’ont été à partir de cellules souches adultes, et non de cellules embryonnaires.

Quelques jours auparavant, des chercheurs éminents de l’Académie britannique des sciences médicales avaient averti d’expériences dignes de "la planète des singes". Ils ont rendu un rapport demandant que de nouvelles règles soient établies pour empêcher que des attributs humains soient donnés à des animaux de laboratoire, comme par exemple l’injection de cellules souches humaines dans le cerveau de primates. Ils recommandent aussi de ne pas autoriser le développement d’embryons hybrides au delà de 14 jours, comme la loi le requiert déjà. Toutefois, l’auteur principal du rapport, le professeur Robin Lovell-Badge, ne s’oppose pas à la recherche sur des embryons hybrides, considérant qu’il y a "un impératif moral à poursuivre ces recherches" pour trouver des moyens de guérir des maladies graves. "Tant que nous avons des contrôles suffisants, comme nous le faisons chez nous, nous devrions être fiers de ces recherches" a-t-il dit. Des contrôles plus stricts doivent selon lui être appliqués aux recherches sur les embryons animaux dans lesquels sont implantés du matériel génétique humain.

"Je suis consternée que cela continue et que nous n’ayons rien su à ce sujet", a déclaré Josephine Quintavalle de l’association Comment on Reproductive Ethics. "Pourquoi ont-ils gardé ce secret ? S’ils sont fiers de ce qu’ils font, pourquoi devons-nous poser des questions parlementaires pour que cela vienne à la lumière ?" Le problème, ajoute-telle, est que beaucoup de chercheurs veulent "faire des expériences. [Or] Ce n’est pas une justification suffisante".

Daily Mail (Daniel Martin, Simon Caldwell) 25/07/11 – Le Post.fr (Jean-Luc Lourmière) 25/07/11 –  Bioedge (Michael Cook) 23/07/11

Partager cet article

[supsystic-social-sharing id='1']

Synthèses de presse

Autiste et suicidaire, un Belge de 26 ans demande l’euthanasie « surtout pour ses parents »
/ Fin de vie

Autiste et suicidaire, un Belge de 26 ans demande l’euthanasie « surtout pour ses parents »

Un jeune Belge, diagnostiqué haut potentiel et autiste, a effectué 7 tentatives de suicide. « Après en avoir discuté avec ...
istock-518234140
/ Genre

Genre : ménopausées à 20 ans à cause de la testostérone

Une étude révèle que les hommes transgenres souffrent de problèmes « post-ménopause », comme l'incontinence, dès l'âge de 20 ans ...
Kenya : vendre des données de santé en échange d’un rendez-vous médical
/ E-santé

Kenya : vendre des données de santé en échange d’un rendez-vous médical

Au Kenya, l’application Snark Health propose aux patients de vendre leurs données de santé pour ne pas avoir à payer directement leurs ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres