Gender : un enseignement qui nie le principe de neutralité

Publié le : 7 septembre 2011

Au coeur de la controverse liée aux nouveaux manuels de sciences et vie de la terre (SVT), la théorie du gender fait l’objet de nombreux articles.

Dans Libération, Catherine Vidal, neurobiologiste, directrice de recherches à l’institut Pasteur, prend position en faveur de l’enseignement du genre, qui n’est pas selon elle une "simple ‘théorie’ intellectuelle, hypothétique et non scientifique". Les recherches sur le cerveau, écrit-elle, ont mis en évidence la plasticité des propriétés cérébrales. La majorité des connexions neuronales se construisent progressivement après la naissance "au gré des influences de la famille, de l’éducation, de la culture, de la société" qui vont contribuer à forger l’identité d’une personne. Les femmes et les hommes ne seraient ainsi pas "par nature différents dans leurs comportements et leurs personnalités". Cette plasticité du cerveau existe aussi à l’âge adulte et "permet de changer d’habitudes, d’acquérir de nouveaux talents, de choisir différents itinéraires de vie". Pour Catherine Vidal, l’enseignement du genre est nécessaire pour "comprendre l’humanité dans toute sa diversité" et pour "promouvoir les principes d’égalité entre les hommes et les femmes".

Eric Fassin, sociologue et professeur à l’Ecole normale supérieure,  critique, dans le même quotidien, l’initiative des députés qui, dans une lettre adressée au ministre de l’Education Luc Chatel, ont demandé le retrait des nouveaux manuels de SVT (Cf. Synthèse de presse d’août 2011 et du 05/09/11).

Manifestant son soutien à cette initiative, la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC) a adressé une lettre, le 5 septembre 2011, aux 80 députés opposés aux nouveaux programmes de SVT. Antoine Renard, président des CNAFC, y rappelle les raisons pour lesquelles la théorie du genre n’a pas sa place dans les cours de SVT et dénonce "l’atteinte portée au rôle des parents comme premiers éducateurs de leurs enfants". Cet enseignement contrevient au "principe de neutralité et [au] respect des croyances des élèves et de leurs familles" d’une part mais il représente aussi un danger pour les jeunes dans un domaine "structurant leur personnalité". Antoine Renard informe les députés de l’élaboration par les AFC d’outils pédagogiques destinés aux enseignants en SVT qui souhaiteraient suivre le programme "tout en respectant la liberté de conscience de chacun". Il propose enfin aux députés de les rencontrer afin de leur présenter ces travaux et d’ "échanger sur l’ensemble des sujets liés à l’éducation et au rôle des parents en la matière".

Par ailleurs, Courrier international publie un article sur une école maternelle suédoise, appelée Egalia, qui propose un "enseignement antisexiste" inspiré de la théorie du gender dans le but de former les enfants à la parité dès le plus jeune âge (Cf. Synthèse de presse du 28/06/11). Toutes les précautions sont prises pour que garçons et filles soient traités de façon identique. Ainsi, par exemple, les livres sont  sélectionnés de manière à éviter les représentations traditionnelles de l’homme et de la femme. Plusieurs observateurs se montrent critiques vis-à-vis de cette initiative. Linda Blair, psychologue de l’enfant, explique que la méthode employée est "un peu artificielle. Entre 3 et 7 ans, l’enfant est en quête d’identité, et cela passe indéniablement par l’identité sexuelle". "Le monde réel les attend à la sortie de l’école. On ne peut pas détacher les gens de la réalité", ajoute-t-elle.

Libération 07/09/11 - La Croix-com (Edouard Coquet) 06/09/11 - Courrier international (Cordelia Hebblethwaite) 05/09/11

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