France : un nouveau rapport sur l’intelligence artificielle en prévision

Publié le : 11 septembre 2017

Cédric Villani, mathématicien et député LRM, s’est vu charger par le gouvernement d’un nouveau rapport sur l’intelligence artificielle (IA). Il doit être remis à la fin de l’année. Selon le parlementaire, sa mission « consiste à dresser une feuille de route sur l’intelligence artificielle pour le gouvernement dans les années à venir : quels axes actionner du point de vue économique, politique, culturel, éthique, dans l’éducation… ? » Moins de six mois après la remise du rapport France IA (cf. France IA : « affirmer le leadership mondial de la France dans l’intelligence artificielle »), Cédric Villani qui est aussi le nouveau président de l’OPECST[1] prévoit de consulter 100 à 200 experts, et de s’entourer d’une équipe de spécialistes. Il souhaite travailler en continuité avec les précédents rapports sur le sujet, et « avec l’idée que l’IA ne doit pas être vue comme un domaine spécialisé, mais comme l’affaire de tout le monde ». Un des enjeux qui lui semble prioritaire est de « faire en sorte que l’intelligence artificielle profite à tout le monde » : « Notre but est de favoriser les garde-fous pour que l’IA profite à une meilleure qualité de vie. Si l’analyse automatique de données médicales aboutit à ce que les maladies soient mieux dépistées et que les traitements coûtent moins cher, c’est super. Si ça aboutit à ce que les compagnies d’assurance se mettent à pratiquer des tarifs différentiels en fonction d’informations confidentielles, que ceux qui souffrent des maladies les plus graves doivent payer de plus en plus cher, évidemment ce n’est pas ce qu’on veut », développe-t-il.

 

Interrogé sur les forces et faiblesses de la France en la matière, il estime que notre pays possède « une grande qualité de formation » et « une grande qualité de recherche », mais se trouve face à « une certaine difficulté à trouver les financements ». Toutefois, il est confiant car « sur certains projets, l’Europe s’est montrée capable de débloquer des sommes phénoménales, y compris pour des projets scientifiques très audacieux, comme le Human Brain Project ».

 

Conscient que « des attentes énormes sont placées sur ces nouvelles technologies », il estime que la « connexion politiques-scientifiques » actuelle est favorable à leur développement. L’OPECST est d’ailleurs constitué d’ « un petit nombre de députés motivés, scientifiquement cultivés, prêts à faire bouger les choses ». Pour Cédric Villani, « c’est la loi qui s’adapte à la technologie plutôt que le contraire », même si « la loi peut influer sur la vitesse, voire la violence ou la facilité d’une révolution ».

 

Enfin, face à la « crainte des populations d’un remplacement du travailleur humain par l’IA », il se rallie à la thèse de « l’alliance homme-machine » qui « sera supérieure à l’homme et à la machine », tout en expliquant que cette situation demande « un apprentissage, de soigner le processus entre l’humain et la machine ».

 

[1] Office Parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques ; cet office a également publié un rapport sur l’intelligence artificielle en mars dernier : Les parlementaires veulent valoriser l’intelligence artificielle en France.

<p>Le Monde, Morgane Tual (9/09/2017)</p>

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